POITOU

 

     Le Poitou est également une grande région pour notre étude avec 11 occurrences. Auquelles nous ajouterons un complément de 19 sites.

 

        Les couleurs correspondent aux départements actuels. En rouge les comtés ou duchés voisins.

 

 

     Quelques dates concernant le comté de Poitou :

 

     - 1 - Bois-Sené 86300 Bonnes :

 

   Au bord du coteau dominant la rive droite de la Vienne en face du village de Bonnes attesté en 1173. Deux châteaux sont proches, celui de Loubressay du XVIIIème qui occupe une position identique au Bois Sené un peu plus au nord et celui de Touffou (ci-contre) sur la rive opposée appartenant à la famille Oger attesté à partir de 1127. Très proche de Bois Sené, en haut de la combe appelée la vallée de la Bonnetalière qui descend du bord du plateau jusqu'à la Vienne, se trouve une tour que l'on pense du XIIème traditionnellement reliée au fief de Loubressay appelée la Tour d'Ardenne qui ressemble à l'idée que l'on peut se faire d'une tour de guet se nommant Sonay ou Sené.

 

 

      Du haut de la tour d'Ardenne et du Bois Sené, il est possible de faire des signaux visibles du château de Touffou de l'autre coté de la Vienne.

 

 

     Une étude de Jacques Duguet nous montre que le plus ancien propriétaire connu de Touffou était Amenon de la Roche mort en 1267, père de Guy Oger dit Guy Ier de Montléon, et marié à Lucia de Preuilly, fille de Jourdain de Preuilly et d'Alice de Montléon (sœur d'un Templier, Guillaume de Montléon). On voit ainsi les liens étroits entre les premiers seigneurs de Touffou et les Preuilly que nous avons étudié en Touraine. Le lien est étroit également avec l'ordre du Temple. De plus, le nom Oger est d'origine germanique issu de l'Anjou ou de la Bretagne.

 

    - 2 - Bois-Sené 86800 Lavoux :

 

     A nouveau un lieu-dit Bois Sené avec peu d'information disponibles. Le site est situé dans une légère vallée entre Lavoux et Bignoux non loin du château du Bois Dousset qui ne semble pas exister avant le XIVème siècle. De l'autre coté de Bignoux, le site de Château-Fromage, semble remonter au temps de l'invasion Arabe vers 732. Les lieu-dits les Martins et Lavoux-Martin rappellent le grand saint. Mais Bois Sené est peut être simplement une clairière ou bois coupé comme pour le site Bois Sené étudié en Anjou n°5 (il y a quatre Bois Sené dans le département de la Vienne).

 

     - 3 - Bois-Sené 86800 Saint-Julien-L'Ars :

 

      C'est le nom d'une zone pavillonnaire de la commune de Saint-Julien-l'Ars. Saint Julien l'Ars possède une longue histoire puisque sur la voie romaine de Poitiers à Bourges. De nombreux restes gallo-romains et cimetière mérovingien attestent de l'ancienneté du village. Les comtes de Poitiers la donnèrent à l'abbaye de la Trinité de Poitiers en 964. Le château y fut construit par la famille de Cléret en 1310. Là encore, certainement une simple clairière comme pour le site précédent. Ces sites ne seront pas considérés comme significatifs pour notre étude.

 

     - 4 - L'Encoin-Sonné 86250 Surin :

 

      L'Encoin-Sonné est sur la frontière entre le Poitou et l'Angoumois. Sur la commune de Surin, le lieu est proche du château de Cibioux. Cibioux est un château du XVème construit sur les vestiges d'une place forte du XIème mais attestée dès le VIIIème siècle lors de la donation de Roger comte de Limoges (778) à l'abbaye de Charroux. Le fait que le lieu ait été dans les possessions nord du comte de Limoges mais qu'il soit au sud de la forteresse à laquelle il devait rapporter peut faire penser que Cibioux fut une étape fortifiée lors de la conquête de l'Aquitaine par les Francs de Clovis et plus exactement par son fils Thierry, dont faisaient partie les ancêtres de Roger de Limoges. Toujours est-il que l'Encoin-Sonné est le point géographique où se rejoignaient les royaumes d'Orléans au nord, de Soissons à l'ouest et de Reims à l'est lors du partage entre les fils de Clovis en 511. Ceci qui pourrait d'ailleurs expliquer le terme "d'Encoin" qui signifierait " coin du royaume défendu par une tour de guet ".

 

     - 5 - Le Puits-de-Senné 86510 Champagné-le-Sec :

 

     Le site se situe à un point de repère car il est à la limite de trois communes : Champagné le Sec, Chaunay et Blanzay. Chaunay qui était sur une voie romaine, fut chef lieu de viguerie en 587, présence humaine au néolithique (camp des Prés de Casseron) et église Saint Pierre construite sur des bases mérovingiennes. Champagné-le-Sec est le lieu de naissance de Saint Junien, ermite, ami de Sainte Radegonde mort vers 587. Un lieu dit Forges est proche. Le château d'Epanvilliers est également proche mais ne présente pas de traces anciennes. Les trois communes relevaient de la châtellenie de Civray place forte des comtes de la Marche qui furent en guerre avec le comte de Poitou en 990 avec la mort du comte Aldebert Ier lors du siège de Gençay en 997. En somme, rien de très probant vis à vis de notre étude pour ce lieu de passage depuis les temps mérovingiens.

 

     - 6 - Puy-de-Sonnay 86190 Chalandray :

 

      On note dans le dictionnaire de la Vienne de Rédet : « Le Peux, ferme, commune de Chalandray.- Hostel du Puis de Sonnay, assis en la paroisse de Cramart, 1489 (seigneur du Puy de Sonnay).- Le Puy de Saunay, vers 1530 (Inventaire des archives de la Barre, tome 1 page 117). – Ancien fief relevant de Rouilly (qui dépendait lui-même de Parthenay. Rédet. p 367).

 

     Chalandray est à la limite Ouest entre les départements de la Vienne et des Deux Sèvres, proche de Parthenay (19 km à l’Est); mais surtout à la frontière nord du Poitou avec l'Anjou. Cramard, à 2 km au Sud Est de Chalandray est une ancienne commune réunie à Chalandray en 1819. Sur le plan temporel, elle dépendait, via la châtellenie de la Ferrière, de la baronnie de Parthenay (Rédet p 143).

 

      Au passage, la châtellenie de La Ferrière, dans les Deux Sèvres, comporte un fief de dénomination proche : SAURAIS à 9 km à l’Est de Parthenay dont il sera question au n° 11, avec aussi, comme son nom l'indique, la présence de forges.

 

     Le seigneur du lieu portait le titre de seigneur de Puy de Sonnay ce qui le distinguait éventuellement d’autres seigneurs appelés Sonnay dans le voisinage. A noter qu'entre Puy de Sonnay et la motte de Saunay ( Anjou n°4 ), il n'y a que 38 Km.

 

     Manifestement, le site regarde vers le Poitou malgré son rattachement théorique au fief de Parthenay. En fait, à l'origine, le Puy de Sonnay devait être un point avancé de la frontière sud de l'Anjou après l'annexion du Mirebalais tel qu'étudié au n°4 de l'Anjou. Puy de Sonay devait rapporter au donjon de Cherves à 7 Km qui, lui même rapportait à Mirebeau (16 Km). Ce fief a peut être été donné à Parthenay par Geoffroy II Martel pour obtenir le ralliement de Parthenay contre le comte de Poitou Guillaume VI. Voir à cet effet l'histoire des premiers seigneurs de Parthenay.

 

     Voici ce qu'écrit Jacques Duguet dans "familles et châteaux du comté de Poitiers du XIème au XIIIème siècle" p 21 :

           Le premier Parthenay connu est un Josselin. La chronique appelée "Conventio" le présente comme décédé vers 1010. En effet, elle signale qu'alors le comte de Poitiers Guillaume le Grand s'est entendu avec le comte d'Anjou Fouque (Nerra) pour proposer à Hugues IV de Lusignan " la veuve et l'honneur de Josselin de Parthenay ". Parthenay était donc tenu par Josselin Ier du comte d'Anjou qui tenait la place du comte de Poitiers. Cette politique de Guillaume le Grand est connue : il fait surveiller ses soldats par les comtes d'anjou et d'angoulème en qui il a confiance. C'est tout ce qu'on peut savoir du personnage de Josselin Ier de Parthenay. Quant à son origine, elle est aussi énigmatique que celles d'autres soldats. On a supposé que c'est un Angevin installé par Fouque d'Anjou. Or à Gençay, c'est un Limousin, Aimeri II de Rancon, qui tient le château du même Fouque qui le" tient du comte de Poitiers.

 

     En effet, Parthenay a été l'allié inconditionnel de l'Anjou entre 1034 et 1093 puis entre 1103 et 1122. Tout cela explique l'adoption des habitudes castellologiques angevines par les Parthenay l'Archevêque comme nous le verrons au n°14 ci-après. Les seigneurs de Parthenay auraient alors fait appel aux Saunay de Prinçay (Anjou n°4) pour les aider contre le comte de Poitou, ce qui expliquerait l'installation de la famille Saunay autour de cette baronnie soit vers 1034 soit vers 1093. Puy de Sonnay aurait donc été à la frontière angevine de 970 à 1034 ou 1093 avant d'être cédé à la baronnie de Parthenay.

 

     Dans cette hypothèse, les différents Pierre de Sonnay rencontrés dans notre étude patronymique ne seraient pas forcément propriétaires du château de Sonnay à Cravant les coteaux comme le déclare Carré de Busserolle, mais plutôt habitant dans les environs de Loudun-Parthenay au service des Parthenay l'Archevêque. A noter que les documents où leurs noms apparaissent sont tous issus des archives de Parthenay. Ils sont par contre très certainement liés sur le plan familial aux Sonnay de Cravant notamment compte tenu de leur relation avec l'abbaye de Bourgueil. Cette constatation permet d'émettre une hypothèse tout autre concernant les propriétaires du château de Sonnay à Cravant à cette époque  depuis le temps de Guillaume de Sonay jusqu'à nos jours : voir l'hypothèse Propriétaires

 

     - 7 - Sonay 79340 Vasles :

 

     Il n'y a pas à proprement parler de lieu appelé Sonay sur la commune de Vasles. Par contre, on rencontre dans les textes un Pierre de Sonay détenant des liens féodaux sur un hébergement dénommé Morin du Chilleau (voir étude patronymique XIII). L’hébergement de Morin du Chilleau est sis commune de Vasles (79340 24 km à l’Est de Parthenay). Originellement, il s’agit bien d’un fief tenu noblement (« Montcontour et ses seigneurs du XIe au XVIIIe siècle, étude féodale » 1882 de Édouard Henri de Fouchier pages 29, 31 et 32) par la famille de Sonay. Le lieu est proche des ruines gallo romaines de Sanxay. Le village de Vasles ainsi que le bois entourant le château du Chilleau appartenait à l’abbesse de Sainte Croix à Poitiers. La frontière de Parthenay était donc un peu plus à l'est et pouvait comporter ou pas un fief dénommé Sonay possédé par Pierre de Sonay. 

 

     - 8 - Le Senné 79400 Exireuil :

 

     Le Senné est proche de Vairé près d'Exireuil et de Saint-Maixent. La motte féodale de Vairé est attestée en 1040 mais ne présente pas de situation défensive particulière. Le Senné est un simple coteau au dessus d'un petit ruisseau. Il pourrait s'agir là aussi d'un coteau ayant été déboisé. Proche, le château d'Avançon sur la même hauteur ne semble pas remonter avant le XVI ème siècle.

 

 

      Ce lieu pouvait être proche de la frontière sud de Parthenay car on sait que l'influence de l'Anjou dans cette région est descendue jusqu'au nord de Niort avec la construction par les seigneurs de Parthenay de la formidable forteresse du Coudray Salbart (ci contre)

 

 

     - 9 - Le Terroir de Sonnay 79450 Saint-Aubin-le-Cloud :  

 

     On peut lire dans l'inventaire analytique des archives du château de La Barre :

 

"Etat des rentes dues à la chapelle de Saint-Laurens : 9 sextiers de seigle, mesure de Partenay, sur le terroir de Sonnay près des Bordes, paroisse de Saint- Aulbin, le sextier estimé de 8 à 10 sous ;"

 

     Et sur le dictionnaire topographique des Deux Sèvres : " SONNAY (Terroir de), près des Bordes, commune de Saint-Aubin-le-Cloud, 1492, (archives de la Barre Tome II). "

 

     Ce terroir n'est plus répertorié sur les cartes actuelles. Saint-Aubin-le-Cloud se trouve à 10 km à l’Ouest de Parthenay. Il existe un ouvrage "Histoire de Saint Aubin le Cloud en Poitou" 2004 écrit par Dominique Boutin, édité par les Editions Herault. On peut aussi consulter ce site.

 

     Compte tenu de la proximité (environ 7 km), il peut s’agir d’une terre dépendante de Sunay au n° 12. Le chateau le plus proche est celui du Theil, ci dessus, attesté au XIIème siècle

 

 

     - 10 - Le Petit Sonnay - Sunay 79600 Saint-Loup-Lamairé :  

 

      Plusieurs sources nous relatent une affaire ayant opposé Hélie de Boays à l'abbaye de Bourgueil. Ces textes ne sont d'accord ni sur l'orthographe des noms, ni sur la date, ni sur le lieu.

 

     Nous prions lecteur de se reporter à l'étude patronymique pour voir les textes en question au n° XVI

  

     Le lieu dit "Sunay" retenu comme emplacement du petit Sonnay surplombe le ruisseau des prés de la Guinière était situé sur une frontière nord de Parthenay. En effet Lamairé relevait de Parthenay et Saint Loup était un fief franc relevant de la tour Maubergeon donc de Poitiers.

 

 

      Tout proche, dominant le Thouet est le château de la Roche aux Enfants dont le plus ancien propriétaire connu est Aimery Aymar en 1397 qui dépendait de la baronnie de Saint Loup.

 

       Le château de Saint Loup sur Thouet, quant à lui, a été installé par un Seigneur du nom de Drogon puis fut la propriété d'Arthus Gouffier, fils de Guillaume Gouffier qui possédait le château de Sonnay à Cravant les Coteaux. C'est peut-être la raison pour laquelle Xavier de Busserolle pense que Pierre de Saunay dont il est question dans les textes était originaire et propriétaire du château de Sonnay-Cravant, ce qui effectivement est compatible avec sa transaction avec l'abbé de Bourgueil  en Indre et Loire.

 

     - 11 - Sonnay  79600 La Chapelle-Bertrand :  

 

      Les Archives historiques du Poitou de 1891 volume 21 aux pages 334 et 479, situent un lieu appelé Sonnay en tant que fief relevant de la Chapelle Bertrand dans les Deux-Sèvres. Le document non daté est estimé avoir été établi entre 1390 et 1428. La tenancière du lieu est une héritière de Jehan Ojart en la personne de la fille de Pierre Sauvestre de Thouars (Archives nationales R. 190, fol. 8 V). Bien que présenté comme un fief dans l’index de l’ouvrage cité, le texte de la pièce elle-même ne parle que d’un logis (hébergement) avec des dépendances.

 

      Jehan Ojart était membre du conseil de Guillaume VII de Parthenay en 1360, sénéchal de Thouars en 1377. Son fils Jehan était clerc et conseiller au parlement de Paris puis évêque de Castres (2 décembre 1388). Il siégeait à Paris en 1378 (« Recueil de pièces servant de preuves aux mémoires sur les troubles exités en France par Charles II dit Le Mauvais roi de Navarre et Comte d’Evreux » 1755 page 432). En 1410 on trouve un Pierre Sauvestre, écuyer, seigneur de la Lionnière près de Thouars (« Archives historiques du Poitou » 1896 tome XXVI page 104).

 

      La Chapelle Bertrand est située à 7 km au Sud Est de Parthenay. Le plus ancien seigneur connu de la Chapelle Bertrand est du XIV ème et se nommait Louis Normandin. Tout près de la Chapelle Bertrand se trouve le fief de Saurais (2.6 km à l’Est) dépendant de la châtellenie de la Ferrière et de la baronnie de Parthenay (« Dictionnaire topographique des Deux Sèvres » de Ledain Bélisaire page 261). On trouve également dans ce dictionnaire les orthographes Saurrayo et Sorray, cette dernière pouvant très aisément donner Sonnay avec une lecture rapide. Il se peut donc que les deux lieux soient identiques.

 

 

COMPLÉMENT

 

 

     - 12 - Pont et métairie de Sunay 79200 Châtillon-sur-Thouet :  

 

H. Amirault - Le pont de Sunay
H. Amirault - Le pont de Sunay

      A 8km au Nord Ouest de Parthenay, entre Adilly et Châtillon sur Thouet, sur la route de Parthenay à Bressuire, se trouve un joli pont de 3 arches, fin XIème, qui porte le nom de pont de Sunay. Près de ce pont sur la Lune, affluent du Cébron, se trouve un moulin dont les meules provenaient de Dissay près de Châtellerault et la métairie de Sunay, siège de la seigneurie de Sunay en Châtillon, quelque fois appelée seigneurie de Sonnay (1378) ou encore Sompnay (1401).

 

 

             Voici quelques ouvrages parlant de Sunay :

 

 

-  « Archives historiques du Poitou » de Paul Guérin Volume 24                                                                                                                  1893 pages 380, 381, 448 et 484.

                                                                                                          -  « Les hommes et la terre » 1957 p 54, 55, 56

-  « Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou »  de Beauchet-Filleau 1895 p 238, 239 - 1905 page 79

-  « Les paysans de la Gatine poitevine au XVIIIème siècle » Jacques Perret 1998 p 78, 81, 82
-  « Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest et des musées de Poitiers » série 3 Tome 9 1931-1933 page 585 série 4 tome 5 1959 p 114 et 115
-  « Annales » de Lucien Paul Victor Febvre 1953 v 8 page 245.
-  « La métaire et l'évolution agraire de la Gâtine poitevine de la fin du Moyen age » de Louis Merle 1958 page 54.
-  « Mémoires de la marquise de La Rochejaquelein, née Marie-Louise-Victoire de La Rochejaquelein, André Sarazin 1984 page 167.
-  « Naissance de la République aux portes de la Vendée ; de l'ambiguïté de l'histoire » de Georges Bobin 1990 page 282.
-  « Actes du congrès national des sociétés savantes de France » 1994 page 366.

-  « Voyage dans l'histoire des Deux-Sèvres » 1990 de Jean Chiron p 141 et suivantes

 

Ainsi que le site suivant : site dont voici un résumé :

 

 

« L'histoire de Sunay peut être appréhendée à partir du quinzième siècle, à l'époque où ce fief était constitué d'une profusion de petites parcelles tenues par des bordiers, alors que l'élevage bovin en Gâtine était encore à l'aube de sa splendeur future. Le fief relève de la baronnie de Parthenay. »

 

« Dans le dernier tiers du XVIe siècle, le fief de Sunay entre dans la famille Chapelain par le mariage de Marie Pidoux avec Olivier 1er Chapelain, sieur de Perdondalle (Chalendeau). Si ce dernier détient le fief, il n'est pas propriétaire de tout ce qui s'y trouve. Les familles Fillon, Crespeau, Joubert, Mousnier, Esvert, Bréchouere possèdent quelques terres. »

  

« Joseph, le dernier de la lignée des Chapelain, ne laisse qu'une fille, Magdelaine qui vend le fief en 1720 à Marie Tiraqueau. En 1740, Sunay appartient au fils de cette dernière, Jean-Baptiste Simon Boyer de la Boissière, trésorier des États de Bretagne. Lors des guerres de Vendée, Antoine Ardouin est obligé d'abandonner Sunay qui sera acheté plus tard, en 1845, par Charles-Gaspar Mounier.»

 

     Le château de Tennessus ci contre daté du XIVème est très proche du lieu. Nous sommes à 8 Km de Lamairé, l'origine du nom peut donc être commune avec le lieu n° 10 qui peut également prendre la dénomination "Sunay".

 

 

     - 13 - La Saunerie 79130 Secondigny :  

 

     Secondigny était la principale place forte de la baronnie après Parthenay bien sûr. Elle était établie sur une motte féodale encore bien dessinée par la forme des rues, centrée autour de l'église Sainte Eulalie édifiée au XIème siècle dans l'enceinte du château. La Saunerie est à l'entrée sud est de la ville et ne jouit pas d'une position de défense caractérisée. Peut être une porte contrôlant l'arrivée par la valée du Thouet.

 

     - 14 - La Saunerie 79220 Champdeniers :  

 

     Autre place forte de la baronnie de Parthenay, comme le site précédent, la Saunerie n'est pas une position de guet mais plutôt la porte sud de la ville en arrivant par la vallée de l'Egray

 

     - 15 - La Saunerie 86220 Ingrandes :  

 

     Qui dit Ingrandes dit frontière ! Frontière gauloise entre pictons et turons, frontière entre Poitou et Touraine, frontière entre les évêchés de Poitiers et de Tours, frontière entre Vienne et Indre et Loire. 

 

     Sur le bord du coteau rive droite, la Saunerie domine la Vienne et la route de Tours, montant la garde pour la vicomté de Châtellerault en vue des chateaux de Valençay Xème siècle et de celui de la motte d'Usseau XIIème siècle.

 

      Nous sommes à la même latitude que la motte de Saunay du château de la Guerche (Touraine n°8), la Saunerie d'Ingrande peut donc être considérée à ce titre comme faisant continuité avec la frontière wisigothe vu aux n° 8 à 14 de la Touraine. Cette frontière devait alors remonter la Vienne pour passer près du château de Marmande (Touraine n°16) avec sa croix Saunière.

 

     - 16 - Les Sauneries 86540 Thuré :  

 

     Les Sauneries sont manifestement un poste avancé du Haut Clairvaux guettant vers Châtellerault. Le premier château fut construit par Hugues Ier de Clairvaux dit Mange-Breton en 1030, possiblement. Il était vassal de Foulques Nerra et peut être même son fils. En 1182 Richard Coeur de Lion fait construire une grande forteresse de 7 tours et donjon (ci-contre) pour défier son frère Henri le jeune. Fin XIIème siècle Clairvaux devient vassal de la vicomté de Châtellerault.

 

 

     Il est à noter qu'avant 1285, Hardouin V de Maillé était propriétaire du Haut Clairvaux suite à son mariage avec Jeanne de Beauçay héritière de la forteresse. Hardouin V est également un des propriétaires supputé du château de Sonnay près de Cravant. Leur fils Péan de Maillé-Brézé est également cité comme propriétaire possible de Sonnay dans notre hypothèse.

 

     - 17 - La Saunerie 86380 Saint-Martin-la-Pallu :  

 

      Il n'est pas facile de rattacher ce lieu, situé dans un endroit stratégique en bordure de coteau regardant vers le sud, à un château particulier. Nous sommes ici très proches de l'Anjou mais tout de même bien à l'intérieur du Poitou comme l'est le site ci dessus n°16 à Clairvaux.

 

      Marigny-Brizay au nord est proche, C'était une dépendance du fief de Clairvaux (n°16). On peut donc considérer la Saunerie comme la limite sud du Haut-Clairvaux.

 

      Il existe également un château à l'ouest donc sur la frontière angevine, sur le coteau au dessus du site gallo-romain des Tours Mirandes et du village de Cheneché qui tire son nom de la fontaine Barum alimentant les Tours Mirandes. Ce château s'appelle La Baron et a appartenu à la famille Berland du Poitou connue notoirement depuis 1180 à Poitiers, anoblie par Richard Coeur de Lion en 1190. Dans ce cas également on est à nouveau ramené aux fortifications faites par Richard sur des frontières avancées de l'Anjou vers le Poitou alors partiellement sous l'influence de son frère Henri le Jeune (voir "les Plantagenêts et leur empire" Fanny Madeline p 181-182).

  

     - 18 - La Saunerie 86300 Sainte-Radégonde :  

 

     La saunerie est située au sommet d'un petit coteau qui regarde vers l'est. Si l'emplacement peut correspondre à un guet, il est par contre difficile de le rattacher à un château principal.

 

   Le village de Sainte-Radégonde était constitué de seulement 4 maisons au temps où a été écrit le dictionnaire topographique de la Vienne (Rédet 1881) et dépendait de l’archiprêtré de Morthemer dont le château était possédé par Geoffroy Taveau de même que le château de Sonnay à Cravant en 1434 (Touraine n°7). Mais cela reste trop récent et trop fortuit pour notre étude.

 

      Près de ce village se trouve le château de la Salle décrit par Rédet comme un fief dépendant d'Angles-sur-l'Anglin. Le fait que le château de la Salle et que la Saunerie se regardent face à face de chaque coté du vallon ne plaide pas pour leur rattachement réciproque. De plus, il n'y aurait pas de raison alors de guetter vers l'est où se trouve Angles sur l'Anglin.

 

      La Saunerie est entourée de grands sites religieux comme l'abbaye de l'Etoile, Le prieuré fontevriste de la Puye et la commanderie hospitalière de Sainte-Radégonde. Seul ce dernier site serait correctement placé vis à vis de la Saunerie.

 

       Un peu plus au nord de cette commanderie se trouve le bois de la Motte dont le coteau regarde vers l'ouest et qui a pu porter une ancienne fortification du Xème siècle dont nous n'avons plus connaissance, cette région de lande pauvre n'ayant attiré que des établissements religieux avant le retour des Acadiens près de Cenan.

 

     - 19 - La Saunerie 79120 Rom :  

 

     Le village de Rom était une grande cité du temps des romains appelée Ravranum, à la croisée de plusieurs routes importantes. La Saunerie est pratiquement au bord de la voie allant à Limonum (Poitiers).

 

     Mais revenons au moyen-age, La Saunerie rapportait manifestement au château de Couhé (86) bâti en 1030 par Hugues IV de Lusignan. Selon Jacques Duguet dans "familles et châteaux du comté de Poitiers du XI au XIIIème siècle" page 347, Couhé a reçu en août 1025 un alleu à Bréjeuille pour y construire une église. cet alleu provenait d'un parent d'Hugues IV, Rorgon et sa mère Adelendis. Or la Saunerie est situé sur le coteau juste au dessus de Bréjeuille.

 

     Il est fort probable que ce poste de guet ait été construit vers 1030 pour protéger l'église de Bréjeuille dépendant de Couhé. Hugues IV eut beaucoup de démêlées avec son suzerain Guillaume V le Grand et dût par conséquent protéger ses châteaux dès leur construction. Il se peut cependant que la Saunerie soit plus ancienne car le fief de Couhé appartenait, avant sa prise par Hugues IV, à Aimery II de Rancon sous la vassalité de Foulques Nerra, comte d'Anjou déjà cité pour d'autre Sonay ( voir Hypothèse ), suite à la volonté de Guillaume V (voir n° 6 ci dessus). 

 

     - 20 - La Saunerie 79700 Mauléon :  

 

     Mauléon est une possession du vicomte de Thouars et la Saunerie est située sur la route allant de Mauléon vers Thouars. Cette Saunerie semble donc être à classer dans les postes de guet avant l'entrée dans la ville comme au Mans par exemple ( Maine n° 20 ). Le vicomte de Thouars, tout en étant vassal du comte de Poitou-Aquitaine était proche du comte d'Anjou notamment de 1033 à 1038 lorsque Geoffroy II combattit Guillaume VI le Gros  en s'alliant à Geoffroy II Martel fils de Foulques Nerra. Par la suite, Henri II s'empara de Thouars pour réaliser une continuité entre l'Anjou et les terres d'Aquitaine qu'il avait reçu d'Aliénor. Thouars et Mauléon sont mitoyens de l'Anjou par leur frontière nord. Il n'est donc pas étonnant que les habitudes castrales de l'Anjou se retrouvent ancrées dans la vicomté.

 

     Une autre possibilité est de considérer que la Saunerie était un poste avancé des francs lors de l'invasion de la Neustrie par les bretons (voir Touraine n°8). En effet la Guierche de Saint-Amand-sur-Sèvre 79700 est tout proche de Mauléon.

 

     - 21 - La Saulnerie 85600 La Guyonnière :  

 

     Nous sommes là à la frontière entre le Poitou et la Bretagne avec d'ailleurs le régime spécial pour La Guyonnière tout comme pour Montaigu, régime des marches avantagères du Poitou sur la Bretagne.

 

     Nous sommes peut être dans le même cas que ne n° 20 ci dessus pour l'avancée des bretons sur les francs car la Guierche  de Vendrennes 85250 n'est pas très loin. La Saulnerie jouxte le fossé neuf qui en général désigne une carrière à chaux mais qui peut faire penser à d'anciennes fortifications.

 

     Le site devait rapporter soit à Montaigu soit à Tiffauges (ci contre) chef lieu du pagus vendéen du comté d'Herbauges ( voir n°22 ci dessous ).

 

      Signalons au passage que Maurice Ier de Belleville, mari de Guiburge Boscher, était également seigneur de Montaigu (voir études patronymique n°IX)

 

     - 22 - Saulnay 85270 Notre-Dame-de-Riez :

  

     Ce lieu-dit est un quartier de Notre-Dame-de-Riez au bord du Ligneron. Notre-Dame-de-Riez est peuplé depuis le néolithique comme en témoignent plusieurs menhirs et dolmens. Un château fort y est attesté en 1087. C'est surement ce château qui était celui du "fief de Saulnay", appellation officielle d'une rue de Notre-Dame-de-Riez. A l'époque Notre-Dame était une île dont le seigneur était féal de Saint- Hilaire-de-Riez. A l'est Commequiers (ci contre) possède une impressionnante forteresse construite au XIème siècle par le vicomte de Thouars. Encore une forteresse de l'héritage de Maurice de Belleville, mari de Guiburge (voir n°21 ci dessus et l'étude patrony-mique n°IX ). Riez semble être un fief autonome jusque vers 1182, par la suite il est rattaché à Apremont. Commequier, Garnache, Belleville et Apremont sont très proches des Templiers par les dons qu'ils leur ont fait.

         Tous les lieux 22 à 26 séparent la Vendée de l'ouest à l'est par une ligne horizontale qui semble bien être une ancienne frontière. Cette frontière ne correspondrait elle pas à la limite sud du comté d'Herbauges et donc du comté de Nantes lorsqu'il était aux mains de la maison d'Anjou après 930. Le comte Renaud d'Herbauges (795-843) était probablement de la famille des Rorgonides affilié aux comtes du Maine dont on a vu qu'ils employaient des saxons comme guetteurs. L'ancienneté des Sauneries de cette frontière est en effet établi par le n° 26 ci dessous. Il est également à noter que les châteaux de Montaigu, Pouzauges, la Garnache, Apremont, Commequiers et Chateaumur qui pouvaient faire partie du comté d'Herbauges passent sous le controle des vicomtes de Thouars en 1099.

 

         Deux personnages dénommés Saunay (IX et XV de l'étude patronymique) peuvent être rattachés à ce Saulnay.

  

     - 23 - La Saulnerie 85220 La Chapelle-Hermier :

 

     La Saulnerie dépendait du château d'Apremont tout comme Coex, Aizenay et Riez. La rivière le Jaunay marquant certainement la limite sud du fief. Avec la Vie qui passe à Riez, ces deux rivières ont connu de nombreuses attaques Vikings.

 

     - 24 - La Saunerie 85190 Aizenay :

 

      En continuité du n° 23 ( 5 km ) la limite sud d'Apremont devait suivre la Boëre affluent du Jaunay.

 

     - 25 - La Saunière 85280 La Ferrière :

 

     La Saunière devait dépendre du château des Essarts dont la motte castrale est attestée du IX au XIème siècle. Les Essarts ont été rattachés également à Apremont. La région était pourvue de forges le long des rives de l'Yon comme l'en atteste le nom de La Ferrière. La Roche-sur-Yon proche était rattachée à Talmont, les deux forteresses ayant été confiées par Guillaume le Grand à Guillaume le Chauve en 1025.

 

     - 26 - Croisée des Saulnières 85390 Bazoges-en-Pared :

 

     Ce croisement de chemins est tout proche (1 km) d'un site appelé "Motte et retranchement médiéval du Plessis Bouchard". Il s'agit des restes d'une motte relativement bien conservée car restée en forêt. Cette fortification très ancienne a été décrite dans la revue du Bas Poitou de 1917 3ème livraison pages 161 à 168 ainsi que celle de 1948 2ème livraison page 127 pour l'histoire du fief de Bazoges en Pareds. Cette motte féodale est datée du IXème jusqu'au XIème compte tenu de ses deux enceintes et des travaux d'amélioration de la forteresse. Cela correspond tout à fait à la période d'existence du comté d'Herbauges au n°22 ci dessus.

 

     Les Saulnières étant au pluriel, il devait y avoir un autre point remarquable dans le voisinage. Peut être la motte de Mouilleron en Pareds (4,5 km) qui devait faire face à un poste d'observation en territoire ennemi. En effet une colline appelée "Moulins et rochers de Mouilleron" surplombe de plus de 70 m cette motte qui devait être défendue par des fossés en eau. Cette colline pouvait être rattachée à la Châtaigneraie dépendant des châteaux de Mervent-Vouvant.

 

     - 27 - La Saunerie 85700 Saint-Mesmin :

 

     La Saunerie est située au sommet d'une hauteur qui domine de 50 m la Sèvre Nantaise donc en bonne position de guet vers les possessions du vicomte de Thouars. Elle devait rapporter au château de Pouzauges. On ne sait pas  quelle famille détenait Pouzauges avant les de Bouil vers 1200 mais il serait logique que Pouzauges soit le garant de la frontière est du comté d'Herbauges, faisant suite aux n° précédents car la Sèvre Nantaise séparant à cet endroit les départements de Vendée et des Deux-Sèvres, devait séparer le comté d'Herbauges, puis celui de Nantes angevine après 930, de la vicomté de Thouars face à Cerisay.

 

     - 28 - Les Sauneries 79430 La Chapelle-Saint-Laurent :

 

     Nous sommes ici en limite entre Parthenay et Bressuire, coté Parthenay donc dans un fief comportant déjà de nombreux Sonay (n°6 à 14), le premier seigneur connu Josselin Ier ayant été installé par Foulques Nerra (voir n°6). Bressuire étant aux mains des Beaumont fidèles vassaux de Thouars

 

     - 29 - La Saunerie 85440 Talmont-Saint-Hilaire :

 

     Voir l'historique du château de Talmont construit en 1025, ainsi que l'arbre généalogique de Guillaume le Chauve, descendant direct des comtes de Poitou et demi frère de Guillaume V le Grand. Il n'est pas facile de dire qui a pu implanter cette Saunerie qui est peut être pour une fois une fabrique de sel parce que très proche du château de Talmont et situé parmi les marais salants. La plus forte probabilité pour cette Saunerie serait une implantation tardive (en 1182) par Richard Coeur-de-Lion lors des grands travaux de fortification qu'il entreprit à Talmont. Jean Mesqui attribue ces travaux à Savary de Mauléon (Un proche de Jean-sans-Terre) mais il est démenti par Marie Pierre Baudry et Pascale Gadé qui l'attribuent formellement à Richard qui se dénommait lui même "dominus de Thalmundo" (Fany Madeline "les Plantagenêts et leur empire" PUR 2014 p. 184"). Toujours est-il que la présence plantagenaise y est très forte.

 

     - 30 - La Saulnerais 85520 Jard sur Mer :

 

     Compte tenu de l'emplacement, il s'agit surement ici de production de sel. Toutefois, la Saulnerais est proche du village de Poiroux qui était un fief  appartenant à Pierre Ier de Bouil dont le père était un proche de Guillaume de Savary au n°29 ci-dessus. Nous ne retiendrons pas ce lieu dans le cadre de notre étude.

 

     - 31 - Beaulieu-sur-Sonnette 16450 Beaulieu-sur-Sonnette :

 

     Bien sûr, c'est le nom de la rivière. Mais c'est aussi un site de guet bien placé proche de la frontière entre le Poitou et l'Angoumois. Deux lieux dit "les forges" sont présents dans les environs. Le château de Puybautier avec des restes médiévaux n'est pas très éloigné. Forges et Templiers sont tout près. Rien de bien probant pour retenir ce lieu. Voir d'autres hypothèses concernant le nom de la rivière au chapitre Angoumois n°10.