LORRAINE

Duché de Lorraine

Comté de Bar, de Salm, de Vaudémont

Evêchés de Metz et de Toul

 

Au XVIIIème siècle
Rose : D. de Lorraine - Jaune : C. de Bar - Bleu : trois évêchés (Metz, Verdun et Toul) - Vert : Champagne

Attention, la carte ci-contre montre les limites des comtés tels qu'elles apparaissaient au milieu du XVIIIème siècle. Ces frontières ont été très mouvantes au cours de l'histoire mouvementée de la Lorraine.


 

 

Panel de base

 

 

     - 1 - Les Sauneys, 55700 Moulins-Saint-Hubert :

 

      C'est une combe à l'orée du bois de Moulins, sous un petit sommet (343 m) dominant la Meuse appelé le Butta. Par les circonvolutions de la limite départementale, le lieu se trouve en Meuse mais devait être rattaché à Mouzon dans les Ardennes. Le village de Moulins-Saint-Hubert légèrement en retrait de la Meuse a une longue histoire avec des vestiges gallo-romains, une église basilicale bâtie au VIIIème siècle, et un prieuré de l'abbaye belge de Saint Hubert attesté en 1139. Un peu plus haut sur la Meuse, le village de Martincourt sur Meuse et Luzy Saint Martin dont le nom provient de Martin duc de Lorraine Mosellane en 675. Ces villages célèbrent chaque année le fait qu'ils aient été épargnés des invasions vikings suite à un miracle de Saint Dagobert II d'Austrasie mort en forêt de Woëvre en 679. Sur l'autre rive de la Meuse la forêt de Jaulnay a vu se dérouler les combats de la bataille de la Meuse le 27 aout 1914. Face aux Sauneys, le toponyme de Sénéval avec le même rôle de guet, aurait pu faire partie de notre sélection.

 

     Mouzon quant à elle est une étape sur la voie romaine allant de Reims à Trèves. On y trouve d'anciens temples gaulois remontant à l'age de fer (sur la limite qui le sépare de Moulins). Mouzon fut une grande ville au moyen-age et très tôt fortifiée. Elle dépendait au Xème siècle de l'évêché de Reims suite au don de Clovis à Saint Rémi et faisait partie de la Francie Occidentale. Avant 925, Boson, frère du roi Raoul s'empara clandestinement de la place qui fut reprise par Herbert II de Vermandois aidé de son neveu et beau-frère Hugues le Grand. Celui-ci décida d'y installer son fils Hugues de 5 ans en tant qu'archevêque de Reims. C'est ensuite, jusqu'en 947, une guerre pleine de retournements d'alliances entre Boson, Herbert et les deux Hugues, centrée autour de la place forte de Mouzon. On doit donc certainement l'organisation de la défense de Mouzon à Hugues le Grand dont on connaît les méthodes inspirées des Saxons (voir à ce sujet l'introduction du chapitre Bourgogne). Mouzon est entourée des défenses suivantes :

  1. Carignan et ses remparts au nord-est,
  2. Les Sauneys et Sénéval, le présent site, au sud-est,
  3. La forêt de Jaulnay (surement un Saulnay déformé) au sud avec ses forges
  4. et , presque à la même distance, le Pain de Sucre de Stonne et la forêt du Mont-Dieu où l'on cherchait une justification au Fossé de Sauné (voir Champagne n°A)

      On retrouve là les mêmes lieux de combats qu'en août 1914 et mai 1940 !

 

Carte; Hypothèse d'affectation : Hugues le Grand

 

 

     - 2 - La Haie-Senet, 55110 Sivry-sur-Meuse :

 

      Simple lieudit en plein champs près de Sivry-sur-Meuse en aval du site précédent sur la Meuse. Le village de Sivry est cité plusieurs fois au Xème siècle dans les chartes des évêques de Verdun. Un poste d'observation rapportant au château de Dun-sur-Meuse pouvait être placé plus haut sur les coteaux bordant la Meuse en avant poste vers Verdun.

 

     Nous sommes ici dans le pays natal de saint Wandrille (~600-668) qui travailla avec Saint Eloi et Saint Ouen près de Dagobert Ier (très pro saxons) et fonda l'abbaye de Fontenelles en Normandie. Les contacts étaient alors fréquents entre l'est et l'ouest de la Francie.

 

     Les premiers comtes de Verdun sont alternativement proches de Francie Occidentale puis de Francie Orientale. Ricuinn mort en 923 était marié avec Cunégonde de France petite fille de Louis II. Son fils Otton (923-944) était manifestement du coté Saint Empire. Son successeur Raoul (944-960) était en même temps comte de Verdun et d'Yvois soit Carignan aux portes de Mouzon (du n°1 ci-dessus). Ceci montre que Raoul a surement été mis en place par Hugues le Grand et Verdun intégré au système de défense de Mouzon. Par la suite, Verdun sera totalement intégré à l'Empire germanique.

 

     Il n'est donc pas illogique d'affecter la Haie-Senet à cette époque. Sinon on peut aussi rapprocher le site du n° h quand le château de Dun était au mains de la maison de la maison d'Aspremont et notamment sous Geoffroy III (1255-1302).

 

Carte; Hypothèse d'affectation : Hugues le Grand

 

 

 

     - 3 - Senet, 54370 Hénaménil :

 

     Simple lieudit dans un creux qui ne présente aucune particularité si ce n'est d'être entouré de communes ayant une histoire :

 

     Bathelémont, avec sa présence gallo-romaine et franque. Au XIème siècle le village était séparé en deux entre Metz et la Lorraine. C'est une seigneurie tenue par les Ficquelmont, grande famille de l'est. Curieusement c'est le village natal de Jean Nicolas Stofflet le général vendéen.

 

       Bures, village détruit lors des deux guerres mondiales. Présence romaine.

 

        Parroy, avec son château appartenant aux comtes de Ficquelmont attesté en 1234.

 

       Bauzemont, avec un château début XIIème appartenant aux de Bauzemont. Fontaine Saint Martin.

 

      Hénaménil, siège de l'une des seigneurie des comtes de Ficquelmont. La rivière portant le canal de la Marne au Rhin s'appelle le Sânon.

 

       Nous sommes proches de Château Salins dans la plaine du Saulnois ou le sel a été exploité jusqu'en 1826. Il y a eu également exploitation dans la valée du Sânon. Le Sânon tirerait son nom du Saulnois, région appelée  "sänös" en lorrain roman. Voir à l'évêché de Metz l'ensemble des sites autour du Saulnois.

 

         L'affectation est faite en raison de la continuité avec les sites du n°p à t.

 

Carte; Hypothèse d'affectation : Edouard II

 

 

 

     - 4 - Bois des Senets, 88120 Sapois :

 

      Le bois des Senets est sur le versant d'un coteau qui surplombe le village de Sapois (439 m) jusqu'à 700 m d'altitude. Le sommet s'appelle "Lémont". L'histoire des villages alentours ne remonte pas au XIIème siècle. Un peu plus loin Vagney est attestée au XIème siècle.

 

     Le fait que ce Senets n'aie pas d'origine franque occidentale possible avant le XIème siècle nous fait penser à une origine linguistique différente de celle que nous étudions et dérivée de la présence dans la région du peuple "Sénons". Voir à ce sujet la remarquable annexe à une étude sur la bataille d'Alésia et l'origine du peuple Sequane réalisée par Arnaud Lerossignol en novembre 2008. ( remarque applicable à Franche-Comté n°CD et e)

 

Hypothèse d'affectation : Autres toponymes.

 

Complément

 

Duché de Lorraine

 

     - 5 - La Saunard, 54170 Ochey :

 

     Ochey est un village très ancien mentionné par Charles le Chauve en 870. Mais le fait le plus important c'est que l'on est sur une combe surplombant la voie romaine Lyon-Trèves qui passe en contrebas à Bagneux. Cette voie nord-sud était très importante pour Rome car elle permettait d'atteindre le limes du Rhin. Autour de Bagneux quelques toponymes évocateurs : "La Sauma", "La Voie des Sauniers", "La Côte Bataille", "Le Château"... Présence également de tumulus en forêt de Bagneux. Il n'est pas impossible que Charles le Chauve plusieurs fois cité par ailleurs aie installé des gardes le long de cette route desservant sa frontière est après le partage de la Lotharingie lors du traité de Meerssen (870) qui fixe cette frontière le long de la Moselle donc à Toul. Cette approche se trouve renforcée par le site suivant.

 

Carte; Hypothèse d'affectation : Charles le Chauve ; Meerssen.

 

 

     - 6 - La Saunare, 88300 Autreville :

 

     Ce site est très semblable au précédent non seulement par la ressemblance des noms mais aussi parce qu'il surplombe la même voie romaine Lyon-Trèves sur le coteau droit en allant vers le nord. Saulxures-lès-Vannes, tout proche, est également cité par Charles le Chauve en 870. Oppidum protohistorique à Barisey-la-Côte.

 

Carte; Hypothèse d'affectation : Charles le Chauve ; Meerssen.

 

Comté de Bar

 

     Il est symptomatique de voir le très faible nombre de sites rattachables au duché de Lorraine proprement dit, les n°5 et 6 étant d'ailleurs pratiquement sur la frontière du comté de Vaudémont (voir ci dessous). Au contraire, le comté de Bar foisonne de sites un peu comme pour le comté d'Astarac en Gascogne !

 

       En effet, le rapprochement est osé mais s'explique bien historiquement. Nous ne devrions pas avoir une telle floraison de sites se rapprochant de notre Sonay d'origine dans cette terre d'empire qui fut presque toujours politiquement éloignée de nos provinces de l'ouest. Mais il y a dans l'histoire du comté de Bar un moment où la tactique guerrière anglaise a été mise à l'honneur. 

 

      Le comté de Bar a longtemps été considéré par l'empire comme une marche entre la lorraine (ex Lotharingie) et la Champagne carolingienne. Le comté ne fut-il pas séparé en deux entre le Barrois mouvant qui devait allégeance au roi de France contrairement au Barrois Ducal, clairement rattaché à l'Empire.

  

Henri III de Bar
Henri III de Bar

      Ce n'était pas encore le cas en 1291 lorsque Henri III de Bar (ci-contre) fut nommé comte à la mort de Thiebaut II. Thiebaut II avait épousé en seconde noce Jeanne de Toucy fille de la comtesse de Laval, Emma (1200-1264) ; il avait donc connaissance des habitudes de l'ouest. En 1284 Jeanne de Navarre, héritière du comté de Champagne épouse le futur roi de France (en 1285) Philippe IV le Bel, ce qui fait du Barrois le voisin immédiat du royaume de France. Dès ce moment les comtes de Bar n'ont de cesse de se protéger en se rapprochant des Plantagenêts en la personne d'Edouard Ier d'Angleterre. Et c'est ainsi que Henri III épouse, en 1293, la fille ainée d'Edouard Ier Aliénor d'Angleterre. Cet épisode pro anglais se termine le 4 juin 1301 par le traité de Bruges et quatre ans de captivité en Flandres pour Henri III. Le fils d'Henri III, Edouard Ier de Bar (du prénom de son grand père) est ruiné suite au traité de Bar-sur-Aube avec Ferry IV de Lorraine.

 

       Concernant ce rapprochement avec l'Angleterre, nous avions eu la même réaction féodale vis à vis du roi de France Philippe-Auguste en Auvergne (n°2) de 1152 à 1213, ce n'est donc pas une première !

 

       Par la suite, les comtes de Bar resteront proches du roi de France jusqu'en 1419 où le cardinal Louis Ier duc de Bar choisit René d'Anjou comme héritier et lui donne pour épouse Isabelle de Lorraine, réunissant ainsi les deux principales puissances de Lorraine. Il n'y a donc plus lieu de fortifier à outrance le comté comme pour la période 1284-1301 étudiée ci dessus.

 

      Les 18 sites qui suivent seront donc affectés à cette période précédant les sites de la guerre de cent ans en Gascogne 1360-1453.

 

 

   - 7 - Senard, 55250 Seuil-d'Argonne :

 

     Senard est une ancienne commune qui devait dépendre de Louppy-le-Château, ancienne possession du comté de Bar. Le site se trouve sur une position de guet légèrement surélevée, au bord de l'Aisne, sur la frontière avec la Champagne.

 

Carte; Hypothèse d'affectation : Edouard Ier, Verdun

 

 

     - 8 - Senaichamp, 55250 Nubécourt :

 

      Nubécourt était un fief des Gourcy, chevaliers mouvant du comte de Bar originaires de Gorcy  près de Longwy cédé au comte de Bar en 1278. Nubécourt a donc probablement été confié aux Gourcy peu après pour défendre la frontière champenoise du comté. Le site est en haut d'une combe au dessus de l'Aire.

 

Carte; Hypothèse d'affectation : Edouard Ier, Verdun

 

 

   - 9 - Le Saunier, 55220 Saint-André-en-Barrois :

 

     Proche du précédent, également en haut d'une combe, le site rapportait à Souilly, forteresse importante du Barrois Mouvant, à la frontière avec la Champagne. Il ne reste plus que la motte féodale inscrite aux monuments historiques.

 

Carte; Hypothèse d'affectation : Edouard Ier

 

 

    - a - Le Sonne et Sonville, 55220 Tilly-sur-Meuse :

 

Saint Mihiel au XIIème siècle
Saint Mihiel au XIIème siècle

 

 

 

     Ces deux lieux-dits jumeaux, dans les méandres de la Meuse, en frontière avec l'évêché de Verdun, devaient servir d'avant-postes pour Woimbey ou pour la place forte de Lacroix-sur-Meuse et protégeaient Saint-Mihiel (ci-contre). Verdun et Saint-Mihiel ont brièvement été frontière de la Francie occidentale de Charles le Chauve après le traité de Meerssen (870) et avant celui de Ribemont (880).

 

Carte; Hypothèse d'affectation : Charles le Chauve ; Meerssen.

 

 

     - b - Sonvillers, 55210 Herbeuville :

 

    Ce lieu est situé sous la crête stratégique des Eparges qui a vu de furieux combats en 1915. Saint-Rémy-la-Calonne en haut de la combe était bien une terre barroise contrairement au château des évêques de Verdun Hattonchâtel un peu plus au sud sur la même crête.

 

Carte; Hypothèse d'affectation : Edouard Ier

 

 

     - c - Soncourt, 55160 Fresnes-en-Woëvre :

 

     En plaine, le site ne présente aucune particularité si ce n'est d'être situé sur la frontière de la partie nord du comté avec l'évêché de Verdun. Devait probablement rapporter à Etain, ville fortifiée du Barrois Ducal.

 

Carte; Hypothèse d'affectation : Edouard Ier

 

 

 

    - d - Saulnes, 54490 Xivry-Circourt :

 

     Pas grand chose pour ce site un peu au dessus de la Pienne. Par contre Landres est proche avec ses trois châteaux. C'est le berceau des comtes de Landres, de Briey et de Bar qui, à l'origine, débutèrent comme avoués de l'évêché de Metz.

 

Carte; Hypothèse d'affectation : Edouard Ier

 

 

     - e - Saulnes, 54650 Saulnes :

 

     Nous voici à la frontière actuelle, mais aussi à l'époque, avec le duché de Luxembourg au dessus de Longwy. Longwy fut achetée au duc de Lorraine par Henri III de Bar en 1292 donc, certainement, à l'époque de la création du lieu. Les différents noms du lieu illustrent bien la différence de perception  entre les langues nordiques et les langues romanes comme nous l'avons mentionné lors de l'étude étymologique : "Tzonen" 1473, "Zonnen" 1495, "Tzoenen" 1531, "Sonne" 1689, "Sonte" 1756, "Sosne" "Saulne" 1779, "Sonne Haut et Bas" 1793, "Sosne" 1801, "Zohnen" en allemand, "Zounen" en luxembourgeois.

 

Carte; Hypothèse d'affectation : Edouard Ier

 

 

     - f - Saint-Sonville, 55210 Vigneulles-lès-Hattonchâtel :

 

Château de Hattonchâtel
Château de Hattonchâtel

 

 

     Nous voici revenus aux pieds de la forteresse des évêques de Verdun, Hattonchâtel (ci-contre) totalement restaurée par Henri Jacquelin et Belle Skinner. Nous sommes un peu au delà des côtes de Meuse. Sans pouvoir avoir de certitude, Saint-Sonville pouvait surveiller le château d'Hattonchâtel pour le compte de Lachaussée et son château (1287), prévôté du Barrois Ducal. 

 

 CarteHypothèse d'affectation : Edouard Ier

 

 

 

 

 

 

 

     - g - La Sonnard, 54470 Saint-Baussant :

 

     Saint-Baussant est un village très ancien affranchi par Thiébaut II en 1289. Un château antérieur au XVème existait à Saint-Baussant. La Sonnard est sur une crête en plein bois surveillant vers le sud-est donc vers le duché de Lorraine. Un peu plus à l'est, le comté de Bar ne comporte pas de site alors que Thiébaut II avait créé Pont-à-Mousson le 20 avril 1261 ! Il y avait effectivement une forteresse sur la butte de Mousson depuis le XIème siècle et Mousson était rattaché au comté de Bar depuis le mariage de Louis de Montbéliard avec Sophie de Bar. Mais Henri III ne devait pas posséder la terre entre le Barrois Mouvant et Pont à Mousson puisque, par exemple, le château de Pierrefort et les terres autour étaient destinées au fils cadet de Thiébaut II : Pierre de Bar (1348-?) (Thiébaut a eu 15 enfants dont 7 garçons, nous reparlerons de Renaud au n°p) or Pierre de Bar s'opposa à son frère car il ravagea la région de Saint-Mihiel fin XIIIème siècle.

 

 CarteHypothèse d'affectation : Edouard Ier

 

 

   - h - La Sauna, 55300 Rambucourt :

 

     Nous sommes ici en face d'Apremont-la-Forêt dont est issue une grande famille de chevaliers qui se sont illustré entre-autre au tournoi de Chauvenchy, les Aspremont et plus précisément, pour la période qui nous intéresse Geoffroy III d'Apremont seigneur d'Apremont, Conflans et Dun. Apremont deviendra le siège d'une grande baronnie de Lorraine mais pour l'heure n'est encore qu'une seigneurie du comté de Bar. Il est probable que ce site surveillait le château de Pierre de Bar (voir n°g et j) à Bouconville-sur-Madt compte tenu de l'antagonisme entre les deux frères.

 

 CarteHypothèse d'affectation : Edouard Ier

 

 

   - i - La Saunaire, 55300 Varnéville :

 

     Située dans une combe donnant après un petit col sur le village d'Apremont-la-Forêt étudié au n°h précédent, le site est rattachable à ce village pour éviter une attaque venant de Varnéville. Il se peut également que le site d'origine ait été placé légèrement plus haut qu'actuellement, au sommet de la colline qui domine Varnéville et Loupmont, ce qui en faisait un guet idéal pour surveiller Bouconville-sur-Madt de plus haut (voir n°j). Un centre équestre est implanté en un lieu ayant abrité une Commanderie (templière ?).

 

 CarteHypothèse d'affectation : Edouard Ier

 

 

   - j - Le Saunard, 55200 Broussey-Raulecourt :

 

     Très proche des deux précédents, L'ensemble de ces trois sites (n°h, i et j) cernaient le château de Bouconville-sur-Madt au nord-ouest (n°i), sud-ouest (n°j) et au sud (n°h). Ils devaient être reliés via Apremont-la-Forêt à l'importante forteresse comtale de Saint-Mihiel (voir n°a). De plus, ce site est sur la frontière entre le comté de Bar et le duché de Lorraine.

 

 CarteHypothèse d'affectation : Edouard Ier

 

 

      - k - La Saunière, 55260 Nicey-sur-Aire :

      - l - La Saulnière, 55000 Vavincourt :       

 

     Toutes deux au dessus de la route entre Bar-le-Duc et Saint-Mihiel qui constitue le coeur du Barrois mouvant et qui a dû être maintes fois parcourue par les ducs de Bar, la Saunière et la Saulnière (et peut être Seigneulles) de l'autre coté de la vallée de l'Aire ont pu constituer un réseau de communication entre les deux grandes villes du comté.

 

 Carte 1; Carte 2Hypothèse d'affectation : Edouard Ier

 

 

     - m - La Saunière, 55500 Velaines :

 

Tour Valéran à Ligny-en-Barrois
Tour Valéran à Ligny-en-Barrois

     La Saunière est le sommet d'une colline qui surplombe la ville de Ligny-en-Barrois et surveille le cours de l'Ornain jusqu'aux environs de Bar-le-Duc. C'est un point stratégique qui a été convoité ; voici ce qu'écrit Wikipédia au sujet du règne d'Henri II de Bar :

 

     Ayant donné en dot la seigneurie de Ligny à sa fille Marguerite qui avait épousé Henri V de Luxembourg, il était entendu que ladite seigneurie resterait sous suzeraineté Barroise (1240). Or, en 1256, Henri de Luxembourg prêta hommage pour Ligny au comte de Champagne (également roi de Navarre). Une guerre s'ensuivit et l'arbitrage du roi Louis IX de France (futur Saint Louis), suzerain des comtes de Champagne et des comtes de Bar, rendit Ligny à Henri de Luxembourg sous sa suzeraineté originelle (1268).

 

     Autant dire que rien n'était réglé pour les successeurs d'Henri II, Thiébaut II et Henri III, surtout après le mariage de Jeanne Ière de Navarre et champagne avec Philippe le Bel. La tour Valéran (ci-contre) commencée à cette période est bien signe que l'on devait se regarder en chien de faïence de chaque coté.

 

     Il n'est pas possible d'affecter le site à l'un ou l'autre des protagoniste, mais la multitude de sites presques homony-mes plaide pour une affectation aux comtes de Bar. 

 

 CarteHypothèse d'affectation : Henri III.

 

 

   - n - Vallée de Son Fontaine, 55130 Bonnet et La Saunière, 55130 Horville-en-Ornois :

 

     Un peu plus au sud, suite à l'intervention du roi d'Angleterre Edouard Ier en faveur de son petit-fils en 1307, Philippe le Bel donna à Edouard Ier de Bar les terres de Gondrecourt-le-Château. Directement aux prises avec le comté de champagne, les bonnes habitudes plantagenaises n'étant pas perdues, il fut édifié quelques guets en relation avec la place forte.

 

     La valée de Son Fontaine est une combe montant vers Mandres-en-Barrois tout proche de la frontière. Le site n'est pas très représentatif de notre recherche de par sa configuration.

 

     La Saunière est au dessus de la vallée de l'Ognon affluent de l'Ornain et peut être considéré comme limite de petit domaine attenant au château de Gondrecourt.

 

Carte 1; Carte 2; Hypothèse d'affectation : Edouard II

 

 

     - o - Soncourt 88320 Damblain :

 

     Soncourt est un lieu-dit sans habitation exactement sur la frontière actuelle de la Champagne et du duché de Bar. Il est au dessus de la valée du Flambart au bord duquel est bâtie l'abbaye de Morimond. Soncourt est sur la commune de Damblain mouvant du duché de Bar au XVIIIème. Il est aussi au centre des trois "senailles" du n°j de Champagne qui servaient de guet à Damblain (flèche jaune).

 

     Avant de quitter Damblain, évoquons le cas de la petite rivière appelée la saônelle qui se jette dans la Meuse un peu au nord de Neufchâteau (en bleu sur la même carte Champagne n°j). Son confluent avec la Meuse est au pied du château de Bourlémont dont nous avons vu qu'il était vassal du comte de Bar (voir Champagnen°j). Elle passe ensuite à Liffol-le-Grand où Charles IV de Lorraine battit l'armée française en 1642. Puis, aux sources de la rivière, au château de Lafauche en Champagne sur la frontière avec le comté de Bar. On peut donc dire que cette petite rivière doit son nom à la frontière entre le comté de Bar et la champagne.

 

     Cette longue énumération concernant le comté de Bar n'est pas terminée car le comté avait également des possessions en Champagne appelé après 1297 comté de Bar mouvant. La même politique anglaise concernant le guet y était appliquée depuis 1293 ! suite en Champagne (n°j) ...

 

 CarteHypothèse d'affectation : Edouard IerMeerssen