FRANCHE-COMTÉ et BOURGOGNE IMPÉRIALE

Comté de Bourgogne

Comté de Genève

 


 

        - A - Etang Sonnay, Champs Sonnay, 70200 Franchevelle :

 

      Pas de renseignement sur le nom de cet étang qui a vraiment une consonance tourangelle mais si éloigné ! Une voie romaine passait à proximité, un château et une commanderie de l'Hopital existaient à Quers. Eglises Saint-Martin à Quers et à Lure un peu plus loin. Celle de Faucogney date du Vème siècle ! La Saône n'est pas très loin mais nous sommes plutôt dans la vallée de l'Ognon. Maison du Temple à Adelans.

 

     Un autre détail troublant : il a été trouvé à Lure en 1951 un scramasaxe, l'arme typique de nos Saxons. Ce qui est certain, c'est que nous sommes sur une terre de grand passage entre Vosges et Jura reliant Lorraine et Bourgogne et que les nombreuses abbayes toutes proches ( Lure, Bithaine, Luxeuil ) avaient besoin d'être protégées. Cette terre était détenue par les sires de Faucogney. Saint Philibert, grand saint de l'ouest a fréquenté l'abbaye de Luxeuil au VIIème siècle (voir n°2).

 

    A l'instar du n°B ci dessous, de nombreux détails mais aucun déterminant, nous incitent à croire que le site était en bordure de l'une des abbayes citées en vue de sa protection par des Saxons. Peut-être sous Pépin le Bref (714-768), maire du palais de Neustrie ou Louis le Pieux (778-840), roi des Francs et empereur d'occident, tous deux grands donateurs au profit de l'abbaye de Lure et ayant employé des mercenaires saxons.

 

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        - B - Noue-Sauney, 70200 Vouhenans :

 

Château d'Oricourt
Château d'Oricourt

     Tout ce qui vient d'être dit pour le site précédent est valable pour Noue-Sauney situé à la même distance de Lure mais au sud, toujours sur les bords de l'Ognon. Le site défensif pouvait être situé juste au dessus sur la colline de Vouhenans d'ou la vue est bien dégagée. Le nom aurait pu aussi provenir des salines puisque nous sommes proches des salines de Gouhenans mais celles-ci ne furent découvertes qu'en 1828. A noter aussi dans les environs la présence du château d'Oricourt (ci-contre). 

 

     Compte tenu de l'existence de deux sites encadrant la ville de Lure et son abbaye, nous privilégions l'approche du n° précédent pour leur interprétation : Lure et Luxeuil ont été protégées de la même façon.

 

 

 

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      - C - Combe du Seney, 25680 Tournans :

 

Château de Montmartin
Château de Montmartin

      Le lieu est situé en haut de la combe formée par le ruisseau de Monot qui arrose en contre-bas la commune de Huanne-Montmartin. Anciennement le village historique était enfermé dans le « Clos du château » de Montmartin (ci-contre) en haut d'un bec rocheux bien marqué. Un village originel existait au Vème siècle. A proximité, la fontaine Augier était connue du temps des Romains. Nous sommes peu éloignés de la ville de Baume les Dames ou Saint Martin est passé, ce qui a été commémoré en construisant une église au IXème siècle.

 

     Le fait que ce Seney ne soit pas en position de guet par rapport à la forteresse à laquelle il pourrait être lié nous fait penser à une origine linguistique différente de celle que nous étudions et dérivée de la présence dans la région du peuple "Sénons". Voir à ce sujet la remarquable annexe à une étude sur la bataille d'Alésia et l'origine du peuple Sequane réalisée par Arnaud Lerossignol en novembre 2008. ( remarque applicable à Lorraine n°4 et  Franche-Comté n°D et n°e )

 

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      - D - Senay, 39270 Présilly :

 

      Le village de Senay aurait reçu son nom des senes, druidesses aux pouvoirs étranges. Le bois de Senay au dessus du village était parcouru par les druides. On y a trouvé des hachettes de bronze et des monnaies celtiques. Le prieuré de Saint Georges rattaché à l'ancienne commune de Senay-et-Saint-Georges date quant à lui du VIème siècle. Tout proche se trouve le château médiéval de Présilly, le mieux conservé de Franche Comté. Le paysage depuis le bord de cette montagne s'étend loin dans la vallée. Le plus ancien seigneur connu est Fromont de Dramelay attesté en 1193 (N.B. Bernard de Dramelay avait été grand maître du Temple en 1152). Dans la plaine, le château d'Orgelet ne semble pas remonter avant 1250.

 

     Près de Senay on trouve le village de Chavéria et sa nécropole du IIème siècle qui fait dire à la remarquable annexe à une étude sur la bataille d'Alésia et l'origine du peuple Sequane réalisée par Arnaud Lerossignol en novembre 2008 que le lieu de Senay serait, étymologiquement parlant, issu du mot « Sénons » désignant un peuple celtique gaulois ayant peuplé l'est de la France (voir ci-dessous). Ceci expliquerait pour la Bourgogne et l'est de la France certains suffixes en SEN que nous trouvons dans cette étude. Dans le cas de Senay il ne s'agit pas d'un point de surveillance lié à un château, la forteresse voisine de Présilly assurant ce rôle ( remarque applicable à Lorraine n°4 et Franche-Comté n°D et n°e ).

 

     "8 / Chavéria (deuxième moitié VIII avant JC) / Senay : Importante nécropole du Jura comportant de longues épées en fer et en bronze. Le site occupe une position stratégique dans le réseau routier des Sequanes, il est très intéressant de constater la persistance du complexe religieux à l'époque Gallo-Romaine, les restes d'un monumental mausolée de la deuxième moitié du IIe siècle ap. J.-C. ont été découverts sur la commune. Des constructions Gallo-Romaines ont aussi été repérés sur la commune de la Moutonne et il n'est peut être pas surprenant de trouver sur le même espace le village de Senay, radical sen (pas d'informations historiques sur ce lieu-dit)."

 

     Voir n°e pour une autre hypothèse incluant ce site sur la frontière du traité de Meersen.

 

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Compléments

 

      - 1 - La Saunaire, 70310 La Rosière :

 

Frontière de Meersen entre Francie et Germanie en vert la Lotharingie
Frontière de Meersen entre Francie et Germanie en vert la Lotharingie

     Le col du Mont de Fourche où est situé la Saunaire était l'un des quatre passages de Bourgogne en Lorraine détenu par les sires de Faucogney vicomtes de Vesoul, que nous avons déjà rencontrés à Lure au n°A. Au dessus du site, le fort de Rupt-sur-Moselle défendait la France après l'annexion de l'Alsace Lorraine de 1871.

 

     Il est troublant de constater l'alignement de la plupart de nos sites franc-comtois sur la carte ci-dessus montrant une frontière nette et continue incompatible avec les circonvolutions habituelles de celles qui englobent des seigneuries pré-établies. Cette frontière ne peut être autre que celle des accords de Meersen entre Charles le Chauve et Louis le Germanique. On peut lire que Charles le Chauve avait reçu l'ensemble du Varais, du Portois et de l'Amous lors du traité de Meersen, ce qui est suggéré sur la petite carte encartée. Cet ensemble de sites marquant l'avancée maximale des Francs occidentaux indique que Varais, Portois et Amous n'ont été que partiellement occupés, et que la théorie n'a pas pu être mise en place totalement sur le terrain. le n°8 confirme bien cette hypothèse.

 

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      - 2 - Bois des Sennes, 70160 Mersuay :

 

    Ce site n'est pas sur l'alignement des autres. Mersuay est un village connu depuis les mérovingiens (800 ?) et confié avant 1248 à Aymon d'Annegray par Othon III de Bourgogne. Annegray est tout proche de Faucogney dont Aymon était le vassal. Le bois des Sennes n'est pas très éloigné de la frontière lorraine (17 km) mais n'a pas vocation de guet car près de la rivière la Lanterne. L'abbaye Notre Dame de Favernay créée en 747 est proche. Luxeuil-les-Bains fut une ville importante du haut moyen age avec son abbaye créée par saint Colomban. Saint Philibert vint y étudier la règle de Saint Colomban. Peut être que c'est à partir de son influence qu'est organisée la défense de l'abbaye qui pourtant sera détruite en 731 par les Sarrazins puis par les Normands au IXème siècle (voir n°A, Bretagne n°j, Anjou n°2, Bourgogne n°m Bourbonnais n°6 - Quel voyageur !) .

 

     A noter que l'étang Sonnay de Franchevelle n°A est à la même distance de Luxeuil, au sud-est que ce site ne l'est à l'ouest.

 

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      - 3 - La Saulnaire, 70200 Malbouhans :

 

     Toute proche (1km) de la chapelle du Corbusier Notre Dame de Ronchamp, célèbre également pour ses mines, cette ancienne verrerie est également proche et en vue de Lure et de son abbaye fondée par Saint Desle disciple de Saint Colomban à la même distance de Lure que Noue-Sauney (voir n°B) près duquel existe aussi un lieu-dit "les Ronchamps". Noue Sauney est au sud alors que la Saulnaire est au nord-est. L'abbaye de Lure était d'ailleurs propriétaire d'une des mines de Ronchamp.

 

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      - 4 - Le Creux qui Sonne, 70110 Borey :

 

     Le site semble être la limite de propriété entre les Faucogney de Villersexel et les de Borey vassaux des Pesmes branche de Rupt-sur-Saône. Malgré son nom, le site est situé en position de guet au sommet d'une colline de 400m d'altitude. Une autre interprétation peut en faire le guet du château de Vallerois-le-Bois qui était un village gallo-romain important. De ce guet, on pouvait surveiller toute la plaine de Villersexel. Cette interprétation serait conforme à celle de la frontière du traité de Meersen (voir n°1).

 

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      - 5 - La Saunerie, 25190 Soulce-Cernay :

 

     Il s'agit manifestement ici de sel exploité depuis les gaulois à la Saline de Soulce. Un puit d'eau salée (ci-contre) est encore visible à la Saunerie ou Saulnerie. Cela n'empèche pas que cette richesse pouvait être jalousement défendue avec une fortification au lieu dit "la Motte" dans une boucle du Doubs. Un autre lieu dit "la Forge" indique que d'autres activités que le sel devaient être pratiquées à cet endroit.

 

     Soulce-cernay faisait partie du Comté de Bourgogne et défendue par le château de Châtillon-sous-Maîche détenu par les sires de la Roche. On retrouve ici Chrétien de Digoine qui en fut capitaine et décapité à ce titre à Faucogney, pour l'exemple, lors de la prise du château par les troupes de Louis XI (voir Bourgogne n°E)

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      - 6 - Les Saunots, 70100 Saint-Broing :

 

     Nous sommes ici dans l'ancien comté d'Amous déchu à Charles le Chauve en 870 mais pas en limite car trop près de Gray. La ville de Gray et celle d'Arc-lès-Gray semblent créées au XIème siècle (p.322), la seigneurie correspondante étant celle d'Autrey lès Gray dont le village existait avant 630 (Nordouin d'Autrey est attesté au IXème siècle). Les Saunots sont peut être en limite est de cette seigneurie car Angirey était le siège d'une autre seigneurie qui fut ensuite rattachée à Scey-sur-Saône. Il se peut que les Saunots soit affecté à la protection de l'abbaye de Corneux fondé en 1133.

 

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      - 7 - Sornay, 70150 Sornay :

 

     Sornay est sur l'Ognon à la limite de trois département : La Haute Saône (70), le Doubs (25) et le Jura (39) mais cela n'a pas pour cause le découpage des fiefs de Franche-Comté. L'ensemble des terres conjointes des puissants seigneurs de Pesmes se trouvent dans un quadrilatère formé par Jallerange (25), Choye (70), Talmay (21), Montmirey-la-Ville (39) à cheval sur quatre départements ! Sornay, entre Jallerange et Choye est donc sur la frontière est de cette seigneurie. Sornay fait face à un château sur une motte d'un hectare (p.153) à Morogne commune de Chenevey-et-Morogne. Sornay est également proche de l'abbaye d'Acey dont elle assurait peut être la défense. Avant d'être détruite par les Normands, il y avait déjà une abbaye Carolingienne fondée par saint Lupicin (vers 440). A noter qu'il n'y avait pas vraiment la nécessité d'avoir une frontière fortifiée à cet endroit qui était englobé dans les possessions franc-comtoises des comtes de Bourgogne. la présence d'un château à motte disparu depuis longtemps et d'un très ancien monastère nous fait opter plutôt pour une hypothèse carolingienne.

 

     L'abbaye de Corneux du n°6 avait beaucoup de contacts avec Sornay puisqu'elle possédait la moitié de la ville (p.258). Cette abbaye avait également des biens à Acey. Pierre de Sornay (1120-1150) (p.258) fut l'un des bienfaiteurs d'Acey et ses enfants donnèrent l'église de Sornay à Corneux.

 

     Compte tenu de ce qui a été vu plus haut, on peut se demander si, avant d'annexer la région, Charles le Chauve n'a pas commencé par assurer la protection des abbayes, ce qui est une stratégie classique lors de l'annexion des marches car cela était généralement pris en compte dans les négociations. Il aurait ainsi protégé Luxeuil n°A et 2, Lure n°B et 3, une abbaye détruite qui aurait précédé celle de Corneux n°6, Acey n°7 et, pour finir celle de Château-Châlon comme nous le verrons au n°e laissant ainsi des "Sonay" à ces endroits.

 

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      - 8 - Sonne, 25660 Saône :

 

    Ce site est capital pour démontrer la solidité de l'hypothèse du n°1. Aucune raison de parler de Saône (commune de "Saône", "petit Saône", "marais de Saône") à l'est de Besançon si ce n'est qu'en 870 la nouvelle frontière (nouvelle Saône) de la Francie occidentale a été déplacée au delà des limites du traité de Verdun (rivière Saône). Nous avions un début de démonstration avec le n°n de Bourgogne concernant le Saunay de Verjux au bord du Doubs, ce site est encore plus explicite. Cette hypothèse est moins farfelue que d'aller chercher une origine toponymique celte pour un nom de lieu qui n'est apparu qu'en 1130 : "Villicus de Sauna" et sans que jamais le radical "Sag" ne soit apparu !

 

     Le site était hautement stratégique puisqu'il a été fortifié en 1870-71 après la défaite de Napoléon III. C'est ainsi que l'ensemble des fortifications de Montfaucon (fort, redoute, batteries) juste au dessus de Saône ont dû remplacer des chateaux médiévaux aux mêmes emplacements. Il reste d'ailleurs les ruines du donjon de Montfaucon aux champs Lognon, château principal de Conon de Montfaucon qui était chargé vers 1040 par l'archevêque de Besançon, Hugues Ier de Salins, de défendre la ville. A noter que, comme les autres forts "Séré de Rivières", Montfaucon était équipé d'un poste optique qui lui permettait de correspondre avec Salins, Pontarlier et Lomont, ce qui était peut être le cas depuis plus longtemps.

 

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      - 9 - Senarde, 25360 Passavant - En Senarde, 25530 Orsans :

 

Château de Vaite
Château de Vaite

     Nous retrouvons ici les sires de Montfaucon (voir n°8) et leur système de défense avec le château de Vaite (ci-contre) judicieusement placé au sommet d'une colline lui permettant de surveiller en même temps la vallée du Doubs et le plateau à l'est. Senarde occupant une position avancée vers l'est en vue du château de Vaite.

 

     La région était fortement fortifiée avec les châteaux de Loriot et Roulans voisins immédiats de celui de Vaite mais mal placés vis à vis de Senarde. La seigneurie qui faisait face à la senarde était celle de Vercel qui a appartenu aussi aux Montfaucon, ce qui montre que Senarde est antérieur.

 

     Un petit clin d’œil aux Templiers avec le village de Dammartin, tout proche, qui porte encore leur nom. 

 

 

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      - a - Combe Saulnier, 25580 Lavans-Vuillafans :

 

Château de Scey
Château de Scey

 

 

     Combe Saulnier est le sommet du plateau de Valdahon à l'altitude de 767m, le point culminant étant Cense Valand à 769m. De ce lieu de guet vers l'est, il était facile de communiquer avec les châteaux d'Ornans et Saint-Denis de Scey à l'ouest. Ornans était une des ville importante du comté de Warasch (Valais) dévolu à Charles le Chauve en 870.

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      - b - Creux qui Sonne, 25270 Montmahoux :

 

     Les creux dans la région sont des grottes visitables en spéléo. Près de Montmahoux se trouve donc le creux qui sonne avec une petite cascade et le creux de la Vieille Folle. il n'est pas étonnant que des sons bizarres émanent de ces grottes quand elles sont en charge.

 

     Dommage car le site de Montmahoux était prometteur : Le Mont Mahoux était le site choisi par Jean de Châlon pour y construire un château de façon à protéger les sources de Salins qui lui procuraient de nombreux revenus. C'est ce château qui donna naissance au village. Or son fils, Jean Ier de Châlon-Arlay a été le chef de file de la révolte des barons franc-comtois contre Philippe le Bel. Il était soutenu par Edouard Ier d'Angleterre toujours dans les bons coups pour essayer d'affaiblir le roi de France (Voir comté de Bar n°7 et suivants en Lorraine

 

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      - c - Loge Sornay, 39110 Salins-les-Bains :

 

     Salins est habitée de haute antiquité. Le sel y est exploité avant le IIIème siècle. En 523, le roi de Bourgogne Saint Sigismond donne la terre à l'abbaye d'Agaume dans le Valais Suisse jusqu'en 942. Apparemment, Jean de Beaumont (voir n°b) n'utilisait pas le vocable "Sonay" sinon nous aurions d'autres cas avec les 30 châteaux qu'il a construit. Il est donc probable que la dénomination "Sornay" date du temps de l'ensemble des sites créés par Charles le Chauve. Son emplacement permet de surveiller La Furieuse et le ruisseau de Gouaille dans les trois directions et d'en référer directement à Salins. 

 

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      - d - La Saunerie, 39800 Tournont :

 

     A Grozon et Tourmont on exploite le sel depuis le VIIème siècle et le charbon depuis 1845. Le nom du ruisseau bordant la Saunerie, "bief Salé" ne laisse aucun doute sur l'origine de notre site.

 

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      - e - Sornant, 39210 Nevy-sur-Seille :

 

     Voici à nouveau un site emblématique concernant la frontière de 870. On ne sait pas quand a été créée l'abbaye de Château-Châlon. La légende la fait remonter au VIIème siècle, toujours est-il qu'elle est attestée en 869 . Près de l'abbaye située en bord de plateau se dressait le "Castellum Carnones" (Baluze Capitularia regum francorum T2 col 221) que la tradition attribue à Charles II le Chauve (ce qui n'est pas étonnant vu son nom) mais qui est revendiqué par Louis le Germanique lors du traité de Meersen. Ce fait confirme que l'accord a été difficile et âprement discuté et que Charles avait préparé son coup en installant des fortifications avec l'excuse de protéger les abbayes (voir n°7). Le château a été reconstruit par Jean Ier de Châlon-Arlay, d'où le nom du village de Château-Châlon, mais nous avons vu que ce dernier n'était pas, à priori, utilisateur du toponyme.

 

     Sornant occupe pour sa part un site bien choisi car il protège l'entrée même de la cluse de la Seille avec vue au sud vers Beaume-les-Messieurs et au Nord-est vers Ladoye-sur-Seille et bien sûr tout celà en vue de Château-Châlon.

 

     Pour en finir avec la frontière de 870, il est logique de continuer à descendre un peu et rattraper la frontière classique entre le comté de Scoding (Escuens) et le comté de Lyonnais du royaume de Provence (voir carte au n°1). Cela englobe Lons-le-Saunier qui a appartenu par la suite aux Châlon-Arlay puis nous fait passer au château de Binans et à celui de Beauregard deux châteaux des Coligny le long du plateau au dessus de l'Ain (voir n°4 de la Bourgogne impériale) . Nous passons au site n°D, le point le plus bas de Franche-Comté qui se trouve être en frontière avec le royaume de Provence, ce site serait donc sur la frontière de 570 en dépit des commentaires que nous avons fait sur les Sénons. De là, nous remontons légèrement en direction de Chalon sur Saône.

 

     Et, surprise, nous rencontrons un site qui a été créé depuis que nous avons fait la liste avec la nouvelle commune de Val-Sonnette, du nom de la petite rivière, la Sonnette, affluent de la Vallière qui, elle même, rejoint le Solnan et la Seille à Louhans où nous retrouvons l'ancienne frontière qui coupait la Bresse en deux entités (voir n°2 de la Bourgogne impériale). Juste après Louhans, voir le Sornay du duché de Bourgogne n°n.

 

      Liens :


 

      - f - Sonnante (aven), 39170 Lavans-lès-Saint-Claude :

 

     Le lac d'Antre présente beaucoup d'attraits pour le promeneur avec ses sites gallo romains, ses résurgences et ses propriétés acoustiques spécifiques :

 

     Descriptif : Le site du lac d'Antre forme l'extrémité fermée de la combe de Montmain. Ses bords très marqués se relèvent de 60 m à l'ouest d'une côte boisée. La Roche d'Antre domine le lac de 160 m. l'ensemble forme un cirque presque fermé. Loin de tout, sur fond de silence serein, canards et insectes font vibrer l'air de ce cirque naturel où l'eau améliore la réflexion des sons à la surface. Le son aigu d'un cuivre s'y répercute jusqu'à 3 fois, accompagné d'une belle résonance. Si l'on "huche" vers le sud-ouest depuis la pointe nord du lac, les sons sont renvoyés par la Roche d'Antre qui fait office de magistral fond de scène. Le tour du lac permet de varier à l'infini les réponses acoustiques. Le sommet de la Roche d'Antre propose un remarquable panorama auditif.

 

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      - g - Le Sonaillard, 39310 ou 01410 Lajoux :

 

    Le Sonaillard est en bord de plateau en face du col de la Faucille mais de l'autre coté de la vallée de la Valserine qui est la frontière du pays de Gex. il est en vue directe du Petit Sonnailley du n°1 de la Bourgogne impériale ci-dessous. 

 

     Hypothèse : Le Pays de Gex était tenu par Amédée II de Gex qui, en 1234, se brouilla définitivement avec la maison de Genève dont il était issu en prêtant hommage à Pierre de Savoie qui venait d'épouser Agnès de Faucigny (voir Savoie n°A). Le pays de Gex était en effet très petit et faible en face des comtes de Genève et il lui fallait de puissants appuis. Il savait qu'il pouvait compter également sur son voisin Etienne II de Thoire-Villars qui avait épousé Béatrix de Faucigny, la sœur d'Agnès. Les Thoire-Villars étaient seigneurs de Saint-Claude où devait se trouver une garnison. Les Thoire avaient également besoin du Pays de Gex pour protéger leurs châteaux isolés des cantons de Vaud ou Genève (Aubonne, Hermance et Commugny). Voici la chaîne d'alerte qu'a pu imaginer Pierre de Savoie pour appeler son beau-frère : 

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BOURGOGNE IMPÉRIALE

(département de l'Ain)

 

 

Département de l'Ain
Département de l'Ain

 

Pays de Gex

 

      - 1 - Petit et Grand Sonnailley, 01220 Divonne-les-Bains :

 

     Le Petit Sonnailley est une borne sur la frontière entre France et Suisse. Le Grand Sonnailley est un alpage de La Rippe canton de Vaud. On peut y voir la trace de Pierre II de Savoie qui, en 1234, obtint, avec le soutien de son beau-père Aymon II de Faucigny, l'hommage pour le château et la baronnie de Gex d'Amédée II de Gex, vassal et cousin germain du comte Guillaume III de Genève avec lequel il ne s'entendait pas. Plus tard, en 1353, Amédée VI de Savoie, alias le Comte Vert conquit le pays de Gex qui resta savoyard jusqu'en 1536.

 

     Du petit Sonnailley, en s'élevant un peu, on peut apercevoir le bord du lac Léman.

 

     Liens :


 

Comté de Genève

 

 

      - 2 - Petit et Grand Sonville, 01560 Saint-Trivier-de-Courtes :

 

     Nous voici à la frontière séparant la plaine en deux Bresses : la Bresse Bourguignonne au nord et la Bresse savoyarde (département de l'Ain) au sud. La Bresse appartenait avant 1272 à Guy II de Baugé (Bâgé), proche des seigneurs de Beaujeu, qui a marié sa fille unique Sibyle de Baugé au comte de Savoie Amédée V. En 1289 il y eut un échange de fiefs entre Amédée V et Robert II de Bourgogne de façon à remembrer les diverses possessions. Cet échange de frontière a été étudié par Laurence Granit. En gros Amédée V abandonna une bande au nord de la Bresse (Cuisery et Sagy) contre le Revermont et le château de Treffort (voir la carte  de Cédric Mottier tirée de "Les intérêts domaniaux de la Maison de Savoie dans les anciens Pays de l'Ain" de 2004 - cette carte donne la situation après l'échange).

 

     A l'article Besse P.89 du "Dictionnaire topographique du département de Saône-et-Loire" nous avons une indication sur l'ancienne Bresse mâconnaise du comté de Bourgogne qui comprenait Lacrost, Préty, la Truchère, Cuisery, et Romenay. L'archiprêtré de Bâgé quant à lui montait jusqu'à la Seille en incluant Sornay (Saonay en 1155 - Saornaco en 1183 voir Bourgogne n°n) mais pas Louhans. Cette limite pouvait être légèrement différente de celle de la seigneurie de Bâgé. Les rivières Sâne (Soone en 1473), Sâne Vive et Sâne Morte (Saone morte en 1666) participent au moins par endroit et même encore maintenant pour les départements à la définition de cette frontière. On peut donc penser que la Sâne Vive et Morte et les lieux dits "la Sâne, l'étang et le moulin de Sâne" délimitaient au moins en partie l'ancienne frontière, la nouvelle étant celle entre le département de l'Ain et celui de Saône-et-Loire, l'ancienne frontière entre la Savoie et le duché de Bourgogne ayant été reprise. 

 

     Le Grand Sonville est à 500m de la nouvelle frontière et a donc recu son nom après l'échange de 1289.

 

     Liens :


 

      - 3 - Sonne, 01560 Lescheroux :

 

 

 

     Sonne est à la source de la Sâne Vive (voir n°2) et à dû être nommée ainsi à cause de cela. Des traces de fortifications y sont présentes dans les champs alentour (ci-contre).

     Liens :


 

Seigneurie de Coligny

 

      - 4 - Bois des Sonnailles, 01150 Lagnieu :

 

Château-Vieux de Vertrieu
Château-Vieux de Vertrieu

 

 

        L'histoire de Lagnieu et de Saint-Sorlin-en-Bugey se résume ainsi :

 

 

  • de 1282 à 1349, leur fils Humbert Ier devient Dauphin, ce qui fait que nos villages deviennent dauphinois.
  • de 1349 à 1355, Humbert II vend le Dauphiné à la France.
  • de 1355 à 1716, Jean le Bon échange des terres avec la Savoie pour remembrer les différentes seigneuries locales, Lagnieu et saint-Sorlin sont intégrées aux possessions savoyardes.

 

     Le bois des Sonnailles, d'où la vue s'étend au loin sur la Bresse, le Lyonnais et le Dauphiné est au sommet de la crête qui surplombe de 350m Lagnieu, Saint-Sorlin et le château de Cuchet. Il domine sur la rive gauche dauphinoise du Rhône les deux châteaux de Vertrieu (ci-contre) ; on ne peut mieux comme position de surveillance. Albert III de la Tour du Pin était sénéchal du royaume d'Arles sous Charles Ier d'Anjou et du Maine, ce qui pourrait expliquer le nom du bois. Il y a une autre explication plus probable : Le bois des Sonnailles est peu éloigné de Saint-Rambert-en-Bugey et du château de Cornillon* (environ 7 km). Il est possible qu'il en constituait la limite de propriété avec Saint-Sorlin, ce qui le rendait d'autant plus intéressant pour la maison de Savoie qu'il en constituait la dernière possession savoyarde avant le Dauphiné et la Bresse.

 

     * Attention, il y a une erreur dans le texte du château de Cornillon, le château a été donné en apanage par Amédée IV à son frère Pierre II (père de Béatrice la Grande Dauphine) et non à Boniface (qui n'avait pas d'enfant en tant qu'évêque). Ce texte provient de la Topographie historique du département de l'Ain P.120 qui comporte la même faute.

 

     Pierre II en avait bien compris l'intérêt et l'avait peut être ainsi nommé en 1252 quand il le reçut en apanage. Il servit de toute façon pour épier l'ennemi pendant la guerre delphino-savoyarde de 1304 à 1355. C'est à partir de Cornillon que furent attaqués les châteaux de Saint-Germain commune d'Ambérieu-en-Bugey et de Varey commune de Saint-Jean-le-Vieux. A noter également qu'un successeur de Pierre II, Amédée V le Grand (1249-1323) était cousin et très proche d'Edouard Ier d'Angleterre pendant cette guerre. 

 

     Liens :


 

Comté de Savoie

 

 

      - 5 - Sonna, 01300 Contrevoz :

 

     Nous avons vu au n°A de Savoie qu'en 1234 Pierre II de Savoie avait reçu le Bugey, dont Belley est la capitale, en apanage, son frère Amédée IV étant alors son suzerain. Connaissant le tempérament de bâtisseur de Pierre II, celui-ci a certainement organisé selon les pratiques plantagenaise un réseau d'alerte avec différentes tour de guet judicieusement réparties par rapport aux sommets et aux forteresses alentour. Les deux sites n°5 et 6 devaient en faire partie.

 

     Sonna est un promontoire de 441m en vue d'au moins quatre forteresses anciennes :

     Liens :


       - 6 - Au Sonnot, 01300 Arboys-en-Bugey :

 

     Placé sur une arrête de 420m d'altitude dans l'axe de la vallée de l'Agnin par rapport au site n°5. Le site était en vue du château de Montcarrat à Crapéou commune de Conzieu au nord et des châteaux de Châtillonnet possédé par les Seyssel et de Perrozet commune de Saint-Bois au sud. Les deux sites n°5 et 6 sont en vue directe des fortifications de Belley.

 

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     Le reste du duché de Bourgogne (capétien) est traité avec la province de Bourgogne.

     Pour ce qui est du reste de la Savoie et du comté de Genève, voir Savoie.