XIII - Pierre de Sonay, 1260, 1269 dep. 79 et 86 

 

 

 

Première série de pièces :

 

Pierre de Sonnay est cité dans un document en français du 2 janvier 1260 qui mentionne une vente de plusieurs pièces de terres au territoire d’Ourly à Mirebeau (en fait maintenant commune de Champigny le Sec 86170). Les vendeurs sont Renaut Guillot et sa femme Ameline à Pierre de Sonnay, valet et à Jeanne sa femme pour 40 sous :

  • « Catalogue analytique des archives de M. le baron de Joursanvault » 1838 Tome II page 76.
  • « Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France » 1894 Tome 25 page 132.
  • « Archives historiques du Poitou » volume 57 1982 page 241.
  • « La Vienne de la préhistoire à nos jours » 1986 page 133.

Sachent tuit oil qui sunt e qui serunt que en nostre presence establyz Renaut Guillot Amelinne sa fame, unt requeneu par devant nous que il ont vendu, a mays toz tens, en pure vençon e em perpetuauté à Pyerres de Sonnay, valleit e a Johanne, sa fame, e a lor ayrs toz les terrages que le devant dit Renaut e sa devant dite fame unt ou pouent avait en terroir de Orlé en terres qui furent Estienne d’Orlé por le pris de quarante souz de monnaye corant, des quaux il se tindrent por payez devant nous.

 

Deuxième série de pièces :

 

Dom Fonteneau nous décrit deux chartes similaires provenant de deux sources différentes avec certainement une erreur sur l’année due à la différence entre le calendrier Julien et le calendrier Grégorien (on est avant Pâques). En voici les deux résumés tirés de la table des manuscrits de D. Fonteneau conservés à la médiathèque de Poitiers, publiée dans les Mémoires des Antiquaires de l’Ouest Tome IV 1838 pages 249 et 250.

 

 18 janvier 1268 – Traité entre Pierre de Sonai, écuyer, et Jeanne sa femme, fille de Gervais Briend, chevalier, d’une part, et Jean de Foucher, Clerc, de l’autre, au sujet de certains devoirs féodaux et de morte main, que Pierre de Sonai et sa femme exigeaient de Jean Foucher pour le mariage de leur fille. (Chap. de St-Hilaire.) T.11, p. 393.

 

18 janvier 1269 – Transaction entre Pierre de Sonay, écuyer, et Jeanne sa femme, fille de Gervais Briend, chevalier, d’une part, et Jean de Foucher, clerc, de l’autre, au sujet de certains devoirs que les premiers exigeaient de Jean de Foucher pour le mariage de leur fille, sur un hébergement appelé l’hébergement de Morin du Chilleau, tenu noblement par lui de Pierre de Sonay dans le fief du Chilleau, mouvant de Pierre de Sonay, ou même lui appartenant. (Arch. De M. Fouchier de Billy.) T. 8, p. 477.

 

Beauchet-Filleau, dans son Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou de 1905 T. I p. 763 T. II p. 466 T. III p.520 précise que l’hébergement de Morin du Chilleau est sis commune de Vasles (79340 24 km à l’Est de Parthenay), que Pierre de Sonay était valet et non écuyer, que la transaction a eu lieu en 1268 et scellée de Bouchard, archiprêtre de Parthenay. La référence citée par Beauchet-Filleau est bien la double référence de Dom Fonteneau citée ci dessus.

 

Les autres sources parlant de cette transaction sont :

  • « Mémoire de la société des antiquaires de l'Ouest 1838 » page 249 et 250;
  • « Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque de l'Arsenal » de Funck-Brentano Frantz page 612.

Monographie du nom Fulcherius" de E. de Fouchier 1876 p. 28 (ce livre précise que Pierre de Sonay était seigneur du Chilleau et pense que Sonay correspond à un fief près de Parthenay )

 

Le Chilleau est un ancien fief remontant au moins au XIIIème siècle apparenté à la famille de la Barre (voir Beauchet Filleau aux références ci dessus). Le Morin est au Sud Est du Chilleau (il reste le nom Le Châtaignier Morin sur la carte IGN). A noter que le château de Sonnay à Cravant a appartenu aussi à la famille de la Barre de 1591 à 1770. Louis du Chilleau de cette famille a aussi été commandeur d'Auzon en 1509.

 

 

 

Château du Chilleau

 

 

Les deux séries de pièces décrites ci dessus sont à rapprocher car les périodes sont très proches (1260 et 1269), que le personnage s’appelle Pierre de Sonnay (ou Sonay ou Sonai) dans les deux cas, qu’il est valet (ou écuyer) et que sa femme s’appelle Jeanne. Nous considérerons donc qu’il s’agit bien de la même personne possédant des terres à Mirebeau (86110) et à Vasles (79340 32 km plus au Sud).

 

On peut penser également qu'il s’agit du Pierre de Sonnai propriétaire du château de Sonnay près de Chinon à la même date soit 1268 mentionné dans le « Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire » de Jacques-Xavier Carré de Busserolle 1883 Tome VI p 85. Peut être même s’agit-il du même document que celui de Fonteneau (1268).

 

Rien ne s’oppose à ce qu’il s’agisse de la même famille que celle de Guillaume de Sonnac et Savary de Sonay, Pierre étant vraisemblablement un peu plus jeune.

 

Si tel est le cas, la déchéance poitevine annoncée par Matthieu Paris (Bd) a bien eu lieu car Pierre de Sonnay héritier d'une seigneurie est simplement devenu valet en terre poitevine.

 

 

 

Si l'on se réfère à l'étude du site du Puy de Sonnay n° 6 en Poitou, on peut sérieusement mettre en doute le rapprochement des différents Pierre de Sonay avec le château de Cravant comme le fait Carré de Busserolle et proposer plutôt le site de Puy de Sonnay qui mouvait de Parthenay comme se réfèrent plusieurs documents citant ces personnages. Les Sonnay formaient toute une confrérie au confins de l'Anjou, Touraine et Poitou.