Continuation de Guillaume de Tyr de 1184 à 1275



Date approximative : 1295

Précision sur le titre : Une des continuation de Guillaume de Tyr pour l'histoire d'Eraclès

Auteur : Anonyme après la continuation de Bernard le Trésorier

Edition utilisée : Edition de Guizot pour la « Collection des mémoires relatifs à l’histoire de France » 1824 Tome XIX

Edition traduction : Idem

Fiche Arlima ou CartulR :  Arlima

  

 

     L’histoire de Bernard le Trésorier se compose d’une première partie qui est la traduction en français de Guillaume de Tyr suivi, après 1184 d’une première continuation anonyme jusqu’en 1230 puis d’une seconde restée anonyme et datée à Rome en 1295. Cette histoire française de 1184 à 1230 a été traduite en latin par un frère prècheur Italien, au début du XIVème siècle, nommé François Pinpin de Bologne, ce dernier attribuant formellement cette première continuation à Bernard le Trésorier. La première édition est celle de cette tradution latine en 1725 par Muratori dans le Tome 7 de sa « Collection des historiens d’Italie ». En 1729 Dom Martenne publia un manuscrit français anonyme d’une « histoire de la conquête de la Terre Sainte » de 1184 à 1275. Après avoir hésité avec Hugues Plagon, ces deux manuscrits ont été rapprochés et donc attribuée à Bernard le Trésorier pour la partie concernant 1184 à 1230. De Bernard le Trésorier on sait qu’il fut trésorier de Saint Pierre de Corbie (Berne H340 et Paris Arsenal H677) en 1232 mais rien de celui qui a écrit la continuation de 1230 à 1275 qui est citée ci dessous.

 

Ja - En 1247 Ascalon qui était défendue par les Hospitaliers et des renforts venus d’Acre et de Chypre est prise par les Turcs. Les châteaux de Terre Sainte tombent les uns après les autres. p. 542 - 543

 

Ainsi avint que des chastiaus qui furent fermé en la venuë le roi de Navarre et du conte de Bretaigne et du conte de Cornoailles, ne demora nus qui ne fust perdu, fors le chastel de Saphet que li Temples ferma.

Ainsi il advint que, des châteaux qui avaient été fortifiés lors de la venue du roi de Navarre, du comte de Bretagne et du comte de Cornouailles, il n’en demeura aucun qui ne fût perdu, hors le

château de Saphet que défendait le Temple.


 

Jb - Escarmouches du mois de décembre. La première avec les Templiers se situe entre le 27 novembre date du départ de Damiette et le 22 décembre date d’arrivée à Mansourah. La seconde est datée du 23 décembre (elle est soutenue par les Hospitaliers et les Teutoniques). p. 546 - 547

 

A XXVII jors de novembre mut le roi à tot son ost por aller à la Mansore, et fu là à vingt-deux jors de deloier, et troverent en lor chemin li Templier et li cuens d’Artois, qui avoit l’avant-garde, li sac, ce est l’avant-garde des Sarrazins qui estoient à Seresaph, et en occistrent entor cent et cinquante-cinq, et à lendemain i ot que pris, que occis, que noiés des Sarrazins bien mille qui avoient passé le ruissel à pié por hardoier as Crestiens.

Le vingt-septième jour de novembre le roi partit avec toute son armée pour aller à la Mansoure. Il y fut le vingt-deuxième jour de décembre. Les Templiers et le comte d’Artois, qui avait l’avant-garde, trouvèrent en leur chemin le sac, c'est-à-dire l’avant-garde des Sarrasins, qui était à Seresaph, et ils en occirent environ cent cinquante-cinq ; et le lendemain il y eut tant pris qu’occis et noyés mille des Sarrasins qui avaient passé la rivière à pied pour attaquer les Chrétiens.


 

Jc - La bataille de Mansourah est très résumée chez Bernard le Trésorier. L’année 1250 au moyen orient (calendrier lunaire arabe) commença le jeudi 6 février. p. 546 - 547

 

A MCCL à VIII jors de fevrier passa le flun de Thenis à tot son ost, mes mult i ot de chevaliers et d’autres gens noiés. Après sorprist le roi la herberge des Sarrazins, et en furent mult occis. L’avant-garde de l’ost s’embati dedens la Mansore, et par convoitise que les menües gens avoient de fourer la ville. Laquele li Sarrazins conurent et retornerent, et adonques occistrent le conte d’Artois, et le conte de Salesbire, et le conte Raol de Couci et mult d’autres.


En 1250, le huitième jour de février, le roi passa le fleuve Tanis avec toute son armée, mais il y eut beaucoup de chevaliers et d’autres gens noyés. Ensuite le roi surprit le logement des Sarrasins, et il y en eut beaucoup d’occis. L’avant-garde de l’armée entra dedans la Mansoure par l’avidité qu’avaient les petites gens de piller la ville. Les Sarrasins le surent et revinrent, et ainsi occirent le comte d’Artois et le comte de Salisbury, et le comte Raoul de Coucy et beaucoup d’autres.