BERRY

 

 

Compléments

 

 

 

Seigneurie d'Issoudun

 

     - 1 - Saulnière, 36210 Sembleçay :

 

     Nous sommes tout au nord de la seigneurie d'Issoudun, à la frontière avec le royaume de France et avec le comté de Blois. Graçay, qui était une ville très importante au moyen-age, fut disputée entre Henri II et Louis VII lors de la succession de Raoul VI de Déols en 1176, mais échut finalement à Philippe Auguste lors de l'entrevue de Graçay en 1177. Au nord, Chabris appartenait à l'archevêque de Bourges. Le nom de Sembleçay nous rappelle des consonnances connues qui avoisinent souvent nos Sonay ! Compte tenu de ce que nous avons vu sur le n°1 d'Aquitaine, il y a donc tout lieu d'affecter ce Saulnière  à Richard Coeur-de-Lion après le traité de Gaillon en 1195. 

 

     - 2 - Les Saunerons, 36120 Bommiers :

 

     Le sud de la Seigneurie était défendue par le château de Bommiers dit des Minimes dont les Saunerons forme un poste avancé qui devait avoir une vue dégagée car proche d'un lieu dit "Bellevue". Nous sommes ici à la frontière entre la seigneurie d'Issoudun et celle de Déols et proche des seigneuries capétiennes d'Orval et Bourges.

 

      - 3 - Saulniers, 18160 Touchay :

 

     Ce site est, comme le n° 2 ci-dessus, sur la frontière sud entre Issoudun et Déols et encore plus près d'Orval. Il devait rapporter au château de Lignières très proche et attesté dès 1040 . Il est à noter que Philippe Auguste était maître de Déols en 1188. Richard Cœur de Lion se devait donc de défendre la frontière sud de la seigneurie d'Issoudun que le traité de Gaillon lui avait octroyé, voir à ce sujet le n° 4 du Bourbonnais.

 

     - 4 - Les Saulniers, 36600 Fontguenand :

 

     Ce site est manifestement une position avancée de Villentrois (ci-contre) et de son château construit au XIème siècle à l'initiative de comte d’Anjou Foulques III Nerra. Celui-ci en confia la garde à un de ses fidèles, Roger, dont la mission était de faire face aux comtes de Blois. Villentrois était la forteresse située la plus à l'est du dispositif militaire du comte d'Anjou. A l'époque, la seigneurie d'Issoudun ne devait pas s'étendre jusqu'à Loches et Villentrois devait rapporter au château de Loches rattaché à l'Anjou depuis le mariage de Foulques Ier avec Roscille de Loches. Un lieu dit La Motte pourrait plaider pour une fortification plus ancienne que celle de Villentrois. Un autre lieu dit Launay pourrait cacher un autre Saunay qui compléterait bien les Saulniers. enfin, tout  proche,  le  village  de  Valençay  a  appartenu  aux                                                                                                                              Templiers.

 

Seigneurie de Déols

 

     - 5 - Les Saunaires, 36500 Neuillay-les-Bois :

 

     Les Saunaires sont un poste avancé de l'abbaye de Méobecq. Cette très puissante abbaye a été créée par saint Cyran sur des terres données par Dagobert (628-658) en 642. Saint Cyran avait été archevêque de Tours et ancien comte de Bourges. Voici ce qu'écrit Champollion-Figeac dans ces documents inédits Tome I p. 215 :

 

     "Le bas Berri a en outre été habité de tout temps par des familles riches et puissantes : indépendamment des seigneurs de Châteauroux, on peut citer les princes de la maison d'Anjou, qui possédaient Mézières en Brenne, et qui y deumerèrent fréquemment." 

 

     Ceci nous rapproche du site étudié au n° 11 de Touraine ou nous avions déjà rencontré un prieuré créé par saint Cyran. Les Saunaires sont donc l'équivalent à l'est de Saulnay au nord pour protéger les possessions de l'abbaye.

 

     - 6 - Le Moulin Saulnier, 36140 Lourdoueix-Saint-Michel :

 

     Ce site semble référer à la ville d'Aigurande, comme elle située sur une frontière historique entre les peuples gaulois des Bituriges Cubi au nord et des Lémovices au sud, entre la langue d'Oc et la langue d'Oil, entre la seigneurie de Déols au nord et celle de la Marche au sud, entre les Plantagenêts et les Capétiens sous Henri II et Philippe-Auguste, entre le Berry et le Limousin et, plus récemment entre l'Indre et la Creuse. Le nom même d'Aigurande aurait une origine proche des Ingrandes. Il va donc être très difficile, à partir de l'histoire d'Aigurande de définir de quelle époque date le nom du moulin Saulnier. 

 

     Faute de renseignements plus précis, nous supposerons que le moulin Saulnier faisait partie de la ligne de forteresses de la frontière nord de la Marche : Crozant, Nouzerolles, le Petit Chatelus et surveillait pour le compte d'Henri II Aigurande dépendant de Châteauroux récemment conquise par Philippe Auguste le 18 mai 1188 (Histoire de Déols et de Châteauroux p 216). En effet, bien que dans le département de l'Indre, Lourdoueix-Saint-Michel était une paroisse marchoise.

 

     - 7 - Les cinq Sonnes, 45500 Saint-Martin-sur-Ocre :

 

     Les "Cinq Sonnes" sont une zone d'habitation de Saint-Martin-sur-Ocre qui comporte le cimetière municipal. Le nombre de cinq pourrait donc s'appliquer à cinq morts enterrés dans ce cimetière. La ville de Gien, Sur la rive droite de la Loire, en Orléanais, possédait un château construit sous Charlemagne au VIIIème siècle. Il est fort probable que les rois capétiens de Francie dont Charles le Chauve aient tout fait pour défendre au mieux cette forteresse contre les raids Vikings remontant la Loire. Cependant, à l'encontre de cette hypothèse, le lieu est situé en aval de Gien.

 

    Une autre hypothèse peut être envisagée bien que fondée sur la seule tradition. En effet, le nom de Saint Martin aurait été donné à ce village à l'occasion du retour de l'expédition d'Ingelger destinée à récupérer les reliques de Saint Martin qui avaient été déposées à Auxerre. Si la tradition est avérée, il n'est pas impossible que cinq des compagnons Saxons d'Ingelger aient été enterrés dans le cimetière de Saint-Martin-Sur-Ocre.