Hypothèses concernant le nom "de Sonay"

 

 

     En émettant les hypothèses ci dessous, nous sortons du domaine scientifique pour essayer de relier et d'expliquer les résultats des approches étymologiques, toponymiques et patronymiques de nos études. Le nom de Sonay va se révéler un remarquable traceur pour suivre une incroyable épopée depuis le quatrième siècle à nos jours, notamment sur une période ou aucun écrit ne nous est parvenu !

 

      La première constatation faite à partir de l'étude toponymique est que notre panel nous oriente vers l'ouest de la France et même très spécifiquement vers la Normandie avec des implantations très anciennes. L'ensemble de la Normandie n'est pas impactée puisqu'il n'y a que très peu d'occurrences sur la partie normande au dessus de la Seine, ni d'ailleurs au nord du Cotentin. La Bretagne même Gallo non plus n'est pas concernée. Seules les régions de Bayeux, et Lisieux comportent les implantations semblant les plus anciennes. Ceci nous amène débuter par la période du IVème siècle pendant laquelle ces régions avec celle de Caen vont être peuplées par des saxons venus du Schleswig-Holstein.

 

     I - La période saxonne (~350 - 486)

 

     A partir du milieu du IVème siècle les saxons s'installèrent dans la région de Bayeux en Normandie. Ils sont assez nombreux pour obliger l'empire romain à construire une ligne de fortification appellée "Litus saxonicum" (rivage saxon) dont les villes de Bayeux et Lisieux faisaient partie. Au Vème siècle, ces saxons forment une colonie appelée en latin "Otlinga saxonia" dont on ne connait pas l'étendue. Les saxons formaient des colonies qui se distinguaient de leur environnement roman par leur religion nordique à la fois semblable à celle des Vikings qui vont les suivre mais distincte par le Dieu principal (Seaxneat et non Odin ou Wotan). De ce fait ils répugnaient au moins jusqu'au VIIème siècle à se mêler avec les populations locales qu'elles soient romanes ou franques et même vikings.

 

     Les saxons devaient être de vigoureux soldats puisque leur peuple a pris le nom de leur arme le "scramasaxe" ! On dit même qu'ils étaient capables au combat de couper la tête d'un cheval d'un seul coup de hache. Les Romains les employaient comme lètes pour la défense de leurs frontières. Leur vaillance fut cependant prise à défaut lors d'un combat contre le breton Waroch en 578. Puis en 590 au coté de ce même Waroch contre les Francs. Un tel revirement montre que les saxons vendaient leurs services à qui voulait bien les employer sans prêter attention à la cause défendue, constatation qui va être importante pour la suite de cet exposé. Ils deviennent des sujets de Clovis à la fin du Vème siècle. Ils entretiennent alors une armée permanente, utilisée par le pouvoir mérovingien en cas de besoin. En 890 la ville de Bayeux est détruite par les Vikings. Les saxons semblent à cette période totalement chassés du Bessin puisqu'en 928 la région devient propriété du normand Rollon et on parle danois dans Bayeux nouvellement reconstruite.

 

     Nos Saxons de Bayeux devaient être aussi de bons forgerons compte tenu du nombre de nom de lieux dérivés du fer ou des forges qui voisinent nos Sonay. Ils étaient également d'excellents terrassiers et charpentiers vu le nombre de mottes et de tours de guet en bois qu'ils ont élevés quelquefois en toute hâte. Une fois devenus chrétiens ils devaient particulièrement prier saint Martin et saint Loup évêque de Bayeux au Vème siècle. 

  

     Voici les sites à consulter pour plus de détails :

 

          Saxons de Bayeux :

Saxons wikipédia

Saxons cosmovisions

Bayeux wikipédia

Bessin wikipédia

Colonisation wikipédia

Histoire de Bayeux

Académie Royale

Passion Histoire

Grégoire de Tours

Évêché de Bayeux

Histoire de la Manche

Saxons à Belle-Ile

          Litus saxonicum

Wikipédia

Académia celtica

Dame de Fécamp

          Otlinga saxonia

Saxons en Normandie

Philologie

Prentout

Entre Bessin et pays d'Auge

Tombes

Caen

 

     La curieuse succession de Sonnet et Seney le long de la rivière Touques en pays d'Auge peut être interprétée (surtout lorsque l'on connait la suite de cet exposé, bien que ces lieux ne soient pas tous marqués par une position défensive bien marquée) comme une partie de la frontière orientale de l'Otlinga Saxonia, en limite des possessions encore détenues par les Romains. Si l'on retient l'hypothèse selon laquelle Grannona est situé près de l'embouchure de la Seine, cette frontière faisait face aux positions romaines du Litus Saxonicum puis du royaume de Syagrius

 

     Sont concernés : Touques  n° 2, 3, 4, 5 et 6

 

    On peut également considérer, bien que les occurrences toponymiques soient beaucoup moins nombreuses, qu'elles constituaient la frontière occidentale de l'Otlinga Saxonia.

 

Normandie n° 2, 3 et 4

  

    Ainsi les saxons de Bayeux ou de l'Otlinga Saxonia auraient pris pour habitude de nommer les postes de guets frontaliers des noms de Sonnet, Senet ou Seney dérivant peut-être soit de l’anthroponyme germanique Sôna soit du norvégien ou frison Sone comme vu dans l'étude ÉtymologiqueLes toponymes du Bessin saxon comme Saon, Saonnet, Sainneville, Senneville... dérivant de la même étymologie, ont peut être eu la même fonction de guet et/ou de garde des frontières.

 

     Dès le Vème siècle, les saxons se sont installés le long de la Loire et notamment sur les îles du fleuve. C'est ainsi que le chef saxon Eadwacer conquit toute la basse Loire et se rendit temporairement maître d'Angers vers 463. C'est peut être de cette époque que date le Saunet proche d'Orléans établi sur une île de la Loire (Capétiens n° 3). On sait également que les saxons ont fondé des colonies en Bretagne, en Charente et ont également débarqué en Provence. Eadwacer fut combattu par le comte Paul et chassé d'Angers par Childéric Ier (le père de Clovis).

 

Autres fiefs capétiens n° 3

 


     II- La période mérovingienne (481 - 751)

 

     Après la victoire de Clovis sur Syagrius en 486 jusqu'en 508, les saxons de Bayeux vont aider les Francs à défendre leur frontière sud avec les Wisigoths depuis Nantes jusqu'à Bourges (alors aux mains de ces derniers après leur victoire à Déols sur le comte Paul et les bretons de Riothamus). 

 

Touraine n° 8, 9, 10, 12, 13, 14, 16 Poitou 15 Maine n° 20

 

     Nos Saxons, rentrent alors au service de Clodomir (un des fils de Clovis) et participent à la défense de l'est de Bourges entre 511 et 524, alors grande ville du royaume d'Orléans, face aux Burgondes.

 

Autres fiefs capétiens n° 5, 8 et comté de Sancerre n° 3 Poitou n° 4

     En 572 un groupe de Saxons alliés à des Lombards sont arrêtés par les troupes gallo-romaines vers Estoublon et se dispersent ensuite vers Nice, Embrun et Avignon ce qui expliquerait une partie des noms ressemblant à Senay dans la région.

 

Provence n° 1, 2, 3, 5, 9 et 10

 

     En 721 Eudes d'Aquitaine obtient de Charles Martel des renforts de Neustrie et de Bourgogne pour battre les sarrasins à Toulouse (en prélude à la bataille de Poitiers en 732).

 

Aquitaine n° 7

 

       III - La période carolingienne (751 - 987)

 

    En 753 Pépin le Bref occupe la Bretagne jusqu'à Vannes et Saint-Brieuc et créé la marche de Bretagne pour protéger le royaume Franc. La marche de Bretagne est alors confiée à Roland le célèbre neveu de Charlemagne. Pépin le Bref ou Louis le Pieux se sont aussi préoccupés de la défense de grandes abbayes comme celle de Lure ou celle de Savigny par exemple.

 

Bretagne n° 10 Empire n° 1, 2, 6

 

     En 870 le traité de Meerssen donnait à Charles le Chauve le Lyonnais et le Viennois qu'il s'empressa de conquérir avec nos mercenaires Saxons sur les terres de Louis II roi d'Italie, défendues par Girart de Roussillon. Ce sont ces Saxons qui s'établirent à Sonnay en Isère.

 

Empire n° 7 et 8

 

       Suite à l'occupation du Bessin par les normands (890), les Saxons qui avaient encore des points communs culturels avec les Vikings accompagnèrent leurs razzia ou collaborèrent en louant leurs services pour assurer le guet des châteaux de seigneurs normands. A cette époque, les noms de Sonnet, Senet ou Seney se romanisent et deviennent Saunerie, Sonnerie ou Saulnerie. Le sens du mot évolue de défense d'une zone frontière vers la sonnerie de l'alerte lors d'attaques ennemies, ce qui explique les formes Sauniére ou Sauneries ou équivalent. Le nom va par conséquent muter du radical SE vers ceux de SO ou SAU. Il est à noter que nos saxons préféraient les normands du sud et de l'ouest au détriment de ceux du nord pour les quels nous n'avons qu'une seule occurrence de base. Ce n'est en effet qu'en 924 que le roi des Francs Raoul concède le Bessin, le pays d'Auge et le Hiémois à Rollon, puis en 933 le Cotentin et l'Avranchin à Guillaume Longue Epée. La bataille de Val-ès-Dune en 1047 opposa les Normands de l'ouest (Bessin et Cotentin) à ceux partisans de Guillaume le Conquérant. On peut estimer que les différents lieux étudiés près des châteaux normands l'ont été sur cette longue période de 890 à 1047 à cheval sur les périodes III et IV sans pouvoir être plus précis.

 

Touques n° 1, 7, 8, et Normandie n° 5, 9, 10 et 22

 

      Nos Saxons ont également assuré la garde des frontières de la Normandie issue du traité de Saint-Clair-sur-Epte en 911 :

 

 Normandie n° 8, 13, 14, 16, 17, 18, 19, 20, 23


 

       Il est probable que, chassés du Bessin, d'autres saxons aient émigré vers le pays Saosnois petite région entre le Perche et le Maine et proche des sources de la Touques. Avec sa capitale Saosnes, comment ne pas faire un rapprochement avec les Saon et Saonnet du Bessin ! Ces saxons du Saosnois ont manifestement inspiré la remarquable politique castrale de la maison de Bellême

 

Maine n° 1, 12, 17, 18 et Perche n° 2, 3

 


      A partir de là, nous allons tenter de classer nos occurrences par ordre des apparitions des frontières angevines (ou autres) concernant l'emplacement de chacun des site. Pour la période capétienne, nous affecterons ces frontières au Robertien en charge de l'administration de Francie occidentale (marquis de Neustrie ou roi des Francs). Veuillez cliquer sur le personnage pour accéder à sa fiche wikipédia.

 

Robert le Fort ( 861 - 866 )

Hugues l'Abbé ( 866 - 886 )

Eudes ( 886 - 923 )

Robert Ier ( 898 - 923 )

 

     En 861 Charles le Chauve crée deux marches, celle de Neustrie face à la Normandie confiée à Adalard le Sénéchal et celle de Bretagne confiée à Robert le Fort. De cette époque date la frontière du Maine entre Jublains et la Normandie ou la Bretagne. Puis, après un recul des Francs entre Brûlon et les mêmes envahisseurs. Pour cette époque, nous sommes en concurrence avec les sites dénommés "Guerche" qui indiquent la présence de fortifications de bois franques (voir Touraine n° 8)

 

Maine n° 3, 4, 5, 6, 7, 8, 10, 13, 14, 15, 16, 19, 21, 22, 23 Anjou n° 20, 26, 27 Poitou n° 21

  

Hugues le Grand ( 923 - 956 )

 

     Hugues le Grand dernier marquis Robertien des deux marches de Neustrie, après que les tensions avec les normands se soient apaisées suite au traité de Saint-Clair-sur-Epte en 911, continua à faire appel à nos Saxons pour conforter son influence dans l'est du royaume de Francie occidentale jusque dans les Ardennes !

 

Touques n° 9 Normandie n° 11, 21 Touraine n° 19 Bourgogne n° 1, 2, 3, 4 Capétiens n° 1 Lorraine n° 1, 2

 

       IV - La période angevine (887 - 1129)

 

     Nous revenons un peu en arrière dans le temps pour suivre la montée des proches du Welf Hugues l'Abbé ou du Robertien Robert le Fort qui combattirent sur les marches de Neustrie. Parmi ceux-ci, les Ingelgeriens qui vont devenir les puissants comtes d'Anjou.

 

Ingelger (~855 - ~888 )

 

     Le fondateur de la lignée des comtes d'Angers, Ingelger était d'origine germanique si ce n'est saxonne (voir les précisions sur Ingelger). Comment a t'il adopté la politique castrale de nos Saxons ? Est-ce sur ses fiefs orléannais comme mentionné ci-dessus ? Est-ce en combattant les châteaux normands érigés par Hasting lors des raids vikings sur Angers ? Est-ce simplement par son origine familiale ? Peu importe... Toujours est-il que Ingelger et ses successeurs seront de très bons disciples et se révéleront maîtres en castellologie au contact de leurs ancêtres ! 

 


     Pour rejoindre la légende, il est très possible que des Saxons aient fait partie des 6000 hommes recrutés vers 887 par Ingelger, avec les seigneurs de Semblançay, de l'Isle Bouchard et Atto de Preuilly pour aller récupérer manu militari les corps de Saint Martin de Tours et de Saint Mélaine (évêque de Rennes en 505) que l'abbaye Saint Germain d' Auxerre refusait de rendre à leur propriétaires originels. Il faut dire que de telles reliques attiraient nombre de pèlerins et se révélaient très rentables.

 

      Dans le contexte ci dessus, ou dans tout autre moins légendaire mais inconnu, il n'est pas surprenant qu'Ingelger préfet de Touraine et Atto de Preuilly ("atten" veut dire 18 en danois !) ou leurs successeurs aient recruté des Saxons pour garder les frontières de leurs domaines en Touraine sud, terre originelle de la maison d'Angers héritées du mariage d'Ingelger avec Aelendis d'Amboise ou de Buzançais qui introduisit le prénom de son père Foulques dans la maison d'Anjou. Ingelger était possessioné autour d'Orléans, reçut le château d'Amboise à l'occasion de son mariage et reconstruisit Buzançais, en 879 reçut également le gouvernement d'Angers en deça du Maine puis fut nommé préfet de Tours et vicomte d'Orléans.

 


Anjou n° 3 Touraine n° 11 Berry n° 5

 

Foulque Ier le Roux ( 888 - 942 )

 

    Foulque Ier vicomte de Tours et d'Angers, fils d'Ingelger, renforça la présence familiale en Touraine sud en épousant la Widonide Roscille de Loches. Il fut le premier comte d'Anjou reconnu comme tel par Hugues le Grand en 930. De sa femme Roscille, il hérite des châteaux de LochesLa Haye, Villandry et un autre château à Amboise (il y en avait trois). Il fut nommé vicomte de Tours jusqu'en 909, comte de Nantes de 914 à 919, comte d'Anjou de 930 à 942.

 

Bretagne n° 4, 5, 6, 7, 9, 12, 18, 19 Poitou n° 22, 23, 24, 25, 26, 27

 

 

     En épousant en seconde noce la veuve d'Alain Barbetorte, Foulques II fut comte de Nantes et régent de Bretagne de 958 à 960, il cède Saumur à Thibault Ier le Tricheur et conquiers Méron (Montreuil Bellay) sur Guillaume III de Poitiers.

 

Anjou n° 2, 11, 17 Touraine n° 15

 

 

     Geoffroy Ier contrôle le comté de Nantes avec la victoire de Conquereuil, prends Loudun et Mirebeau en 970 à Guillaume IV Fier-à-Bras, fait alliance avec les vicomtes de Thouars Aimery II et ses successeurs.

 

Anjou n° 4, 7, 8, 9, 10, 21, 22, 23 Touraine n° 17, 23, 24 Poitou n° 6 Bourgogne n° 5

 

Foulque III Nerra ( 987 - 1040 )

 

     Foulques III fut, sans conteste, le meilleur stratège et castellologue du moyen-age. c'est lui qui quadrilla l'Anjou de forteresses impressionnantes et fit largement appel à nos anciens Saxons pour défendre ses frontières qu'il n'avait de cesse de repousser au détriment de ses voisins. Il était obnubilé par la conquête de la ville de Tours détenue alors par les comtes de Blois, ses pires ennemis. C'est sous son long règne de 63 ans que fut construit le premier château de Sonnay, fer de lance vers la ville désirée de Tours, qui vit beaucoup plus tard la naissance et la jeunesse de Guillaume. Le domaine du comte d'Anjou était encore très morcelé à l'avènement de Foulques Nerra. Il ne faut pas manquer de visionner la carte approximative réalisée à partir des écrits de Louis Halphen en introduction du chapitre sur la Touraine pour comprendre ce qu'il restait à faire pour relier les terres ancestrales de Touraine  sud à celles du comté angevin. Foulques vit en effet la prise de la ville de Tours mais ce ne fut que temporaire. C'est son fils Geoffroy qui réalisera la grande ambition de son père.

 

     Foulques Nerra étends le territoire angevin en annexant le château de Montsoreau, les Mauges, Langeais, Saumur en 1023 et Chinon. Il exerce la tutelle de son petit fils à Vendôme. Il reste maître du comté de Nantes jusqu'en 992. On connait de lui plus d'une centaine de châteaux forts avec donjon carré.

 

Normandie n° 15 Bretagne n° 2 Maine n° 11 Vendôme n° 1, 2 et 3 Anjou n° 1, 6, 13, 15, 16, 24, 28

Touraine n° 3, 4, 6, 7, 18, 22 Poitou n° 19, 28 Berry n° 4 Saintonge n° 5 Angoumois n° 1, 2, 10

 

     L'étude patronymique d'autre part nous a appris que le plus ancien "de Saunay" connu est Aimery annobli par Foulques III Nerra avant 1026, à la même période que Roger II de Montrevault dans les Mauges, établi sur la frontière saumuroise. C'est ainsi que nos précédents soldats barbares, depuis longtemps oubliés, acquirent une place enviée parmi la noblesse angevine et plus tard plantagenaise, ce qui permit à Guillaume d'entrer et de faire carrière chez les Templiers.

 

Patronymie I

 

Geoffroy II Martel ( 1040 - 1060 )

 

    Geoffroy Martel a d'abord essayé de s'affranchir de la tutelle pesante de Foulques Nerra son père en épousant la veuve de Guillaume V le Grand duc d'aquitaine Agnès de Bourgogne. Il bat Guillaume VI à Moncontour en 1033 et, avec l'appui de Geoffroy II de Thouars, s'empare de la Saintonge. Il s'empare aussi du comté de Vendôme.

 

     Devenu comte d'Anjou il combat Thibaud III de Blois et remporte la bataille de Nouy qui lui rapporte, cette fois définitivement, l'ensemble de la Touraine. Nous rappelons ici la participation active et symptomatique du Saunay du Château de la Bourdaisière (voir Touraine n° 4) dans l'obtention de renseignements ayant contribué à cette victoire. Sa conquête du Maine est restée momentanée.

 

Normandie n° 12 Bretagne n° 3 Maine n° 9 Touraine n° 1, 2, 25, 26 Poitou n° 20 Perche n°8

 

Geoffroy III le Barbu ( 1060 - 1068 )

 

     Il y a à ce moment là nous assistons à une coupure dans la succession des Ingelgériens puisque c'est la mère de Geoffroy III et Foulque IV qui est de la famille d'Ingelger, leur père étant Geoffroy II de Féréol comte de Gâtinais. Geoffroy perd le contrôle du Maine, son frère Foulques IV perd la Saintonge, reprends Saumur puis emprisonne Geoffroy jusqu'à la fin de sa vie. De nombreux barons se révoltent dont Sulpice Ier d'Amboise

 

Touraine n° 5 Angoumois n° 8, 9

 

Foulque IV le Réchin ( 1068 - 1109 )

 

     Foulques IV cède le Gâtinais à Philippe Ier. Véritable barbe bleue, il se fait enlever sa cinquième épouse (officielle) Bertrade de Monfort avec leur fils le futur Foulques V par le roi Philippe Ier. Geoffroy IV, co-comte et révolté contre son père n'a pas régné et mourut assassiné (par son propre père ???).

 

Anjou n° 14 Sancerre n° 1 Aunis n° 1

 

     Pour cette période, nous avons la preuve avec le site du Perche n° 6 que Guillaume le Conquérant utilisait nos Saxons et leur tours de guet d'une façon offensive, ce qui était une nouveauté qui n'a pas eu de suite dans l'histoire de notre saga.

 

Perche n° 1, 6, 7 Marche n° 1

 

Foulque V le Jeune ( 1109 - 1129 )

 

     Après le sinistre Foulques IV affublé du surnom de Réchin ( = acariâtre et vindicatif ), voici le jeune Foulque V, comte d'Anjou, de Tours, du Maine par son mariage avec Erembourg et roi de Jérusalem par son mariage avec Mélisende. Sa plus belle réussite est sans doute le mariage de son fils ainé Geoffroy V avec Mathilde Impératrice du Saint Empire et héritière d'Henri Ier roi d'Angleterre et duc de Normandie ( un superbe parti !!! ). C'est à partir de ce moment que l'on va parler de la dynastie plantagenaise, du surnom de Geoffroy qui avait pris l'habitude de planter une branche de genêt sur son couvre chef. On parle un peu moins de nos Sonay pendant cette époque où les extensions de territoires se font plus par mariage que par batailles.

 

Patronymie II, III

 

       V - La période Plantagenaise (1129 - 1204)

 

Geoffroy V le Bel (1129 - 1151 )

 

     Geoffroy V fut comte d'Anjou et du Maine (1129-1151), puis duc de Normandie (1144-1150). Son premier travail fut de récupérer le duché de Normandie subtilisé par le cousin de Mathilde, Etienne de Blois qui avait  également ceint la couronne anglaise. La conquête de la Normandie dura 11 ans. Il eut également à s'occuper des révoltes d'Aimery VI de Thouars.

 

Normandie30 Capétiens n° 6 Perche n° 4, 5

 

Henri II (1151 - 1189 )

 

     Henri II fut comte d'Anjou, du Maineduc de Normandie (1151), d'Aquitaine (1152) et roi d'Angleterre (1154). Son mariage avec Aliénor d'Aquitaine lui apporta tout le duché. Il annexa la Bretagne en 1158, conquit le Vexin puis essaya de se rendre maître du comté de Toulouse et du Berry (ce sont pour ces trois dernières régions qu'Henri II utilisa des Sonay). Il tenta de se rendre maître de l'Irlande. L'empire plantagenêt est à son apogée en 1180 mais les dissensions familiales et les querelles de succession entre Henri, Richard et Geoffroy minèrent la gestion de cet immense domaine.

 

Normandie n° 1, 7 Aquitaine n° 6, 8, 9 Capétiens n° 9, 10 Berry n° 6 

PatronymieIV

 

Richard Ier Coeur de Lion (1189 - 1199 )

 

     Richard fut roi d'Angleterre, duc de Normandie (1189), duc d'Aquitaine, comte de Poitiers (1169), comte du Maine et comte d'Anjou (1189). Il fut très actif en Gascogne puis partit en croisade (1190). Il conquiers Chypre qui va échoir aux Lusignan. Il fut retenu prisonnier par l'empereur Henri VI pendant deux ans et au retour reprit petit à petit tout ce que son frère Jean avait octroyé à Philippe Auguste.

 

Poitou n° 16, 17, 29 Aquitaine n° 1, 10 Capétiens n° 4 Berry n° 1, 2, 3 Saintonge n° 3, 4

Angoumois n° 3

 

Jean Sans Terre (1199 - 1216 )

 

     Le règne de Jean sans Terre ne fut qu'une succession de perte des territoires continentaux de l'ex-empire plantagenêt avec les dates symboliques de 1204 pour la prise de Chinon par Philippe Auguste et 1214 pour Bouvines

 

Angoumois n° 4, 5, 6, 7

Patronymie VI, VII, VIII

 

       VI - La diaspora (après 1204)

 

     A partir de 1204, année fatale pour les seigneurs angevins et poitevins, les de Sonay qui y sont restés vont vivoter en Touraine et en Poitou. Rappelons ici la terrible prédiction de Matthieu Paris concernant la noblesse Plantagenaise :

 

     Dans le même espace de temps, les Poitevins malheureux, mais non dignes de pitié car la trahison est innée chez eux, tombèrent dans un tel état d’abaissement aux yeux des Français qu’ils n’osaient ni ne pouvaient marier leurs filles qu’avec la permission des Français. Et comme ils étaient sous la domination de ceux qui les haïssaient, ils devinrent comme des serfs de la plus basse condition; et condamnés au joug onéreux de la servitude d'Égypte, ils recueillirent justement les fruits de leurs voies. Alors ils se repentirent d’avoir reçu traîtreusement de l’un et de l’autre roi tant de sommes d’argent, objets de leurs désirs, de s’être joués méchamment de leur seigneur naturel, et de l’avoir chassé de leur pays en le dépouillant de son héritage, lui qui croyait avoir trouvé de la fidélité chez des perfides ; ils reconnurent aussi que leur soif du gain les avait fait tomber dans le piège. De plus, ce ne fut que moyennant une lourde et grosse rançon, qu’on laissa debout leur châteaux, qui devaient être ruinés au gré de leurs ennemis et encore en y plaçant de bonnes garnisons françaises. En effet « Celui là sera éternellement esclave qui ne sais pas se contenter de peu. »

 

     Par contre la tradition castrale des saxons, normands puis angevins va perdurer chez des seigneurs plus ou moins issus ou liés aux Plantagenêts. De ce fait on va trouver des "Sonay"  plus ou moins déformés par les dialectes locaux dans quelques provinces françaises mais il s'agit la plus part du temps d'une ancienne dénomination de la fonction postes de guet fortifiés plutôt que de la survivance de la famille de notre Grand Maître. Guillaume de Sonay fait en effet partie de cette ancienne noblesse plantagenaise déchue en recherche de nouvelles positions sociales.

 

Poitou n° 1, 7, 9, 10, 11, 12, 13, 14 Aquitaine n° 2, 3, 4, 5 Provence n° 4 Empire n° 5 Saintonge n° 2, 6

Patronymie n° IX, X, XI, XII, XIII, XIV, XV, XVI, XVII, XVIII, XIX

 

     Nous finirons nos hypothèses en rappelant la curieuse histoire des de sonnay des cantons de Fribourg et de Vaud qui, peut être par atavisme, recréèrent une frontière à l'intérieur du village de la Rougève - la Rogivue pour se sentir moins dépaysés loin de la Normandie de leurs très lointains ancêtres et retrouver en Suisse la défense de frontières fusses t'elles communales!!! (Voir étude patronymique).